Recherche

Atelier cinéma de l'ACAM Montagny

Catégorie

Scénarisation

On fait du bruit!

Comme d’habitude, l’actualité est très fournie à Cinémacam! 🙂

Tout d’abord, voici une vidéo d’appel au concours amateur que nous organisons avec le Tout Court ! de Gisors. A diffuser et partager sans compter: pour ce concours nous ne bénéficions pas du même outil que pour notre appel à films professionnels, il faut donc que ça circule sur les réseaux sociaux pour toucher le plus de candidats potentiels possibles!

Lire la suite

Publicités

Improvisations nocturnes

A Cinémacam même les petits projets prennent parfois des chemins étonnants!

De Billy Eliott aux cambriolages de maisons

Tout commence il y a trois semaines par l’exercice d’écriture très classique que j’ai proposé à l’atelier autour du scénario du film « Billy Eliott » (voir ici). Au cours de la séance les discussion vont bon train et quelques idées originales de réalisation émergent, comme de jouer sur des expressions de la langue française prises au pied de la lettre, ou réaliser un film muet dont les dialogues passent par écriteaux style bulles de bédé que brandissent les acteurs.

CDA-00140

Comme je donne toujours la priorité aux idées qui viennent des membres de l’atelier, lors de la permanence suivante nous nous réunissons pour développer ces idées. Une base scénaristique émerge de cette permanence, avec des personnages, un début, une fin et une structure – une comédie basée sur le braquage d’une maison. Reste à remplir le milieu par des petites scénettes amusantes. Je donne donc rendez-vous à la permanence suivante pour en discuter.

CDA-00142 CDA-00148

C’est ce que nous faisons la semaine dernière, chacun ayant apporté quelques idées de scénettes – quelqu’un a même écrit un début de dialogues. Nous approfondissons les idées et les notons, sans toutefois effectuer un vrai travail d’écriture parce que nous avons envie de passer rapidement au tournage – après tout, ce n’est qu’un exercice! Nous décidons donc de nous baser sur de l’improvisation, encadrée par quelques indications scénaristiques. Nous choisissons un lieu de tournage (la maison d’un membre de l’atelier) et nous effectuons quelques tests de prises de vue qui nous enthousiasment. Enfin, nous effectuons un dépouillement pour déterminer les éléments de décors et accessoires dont nous avons besoin, et nous nous distribuons les tâches de les réunir.

Au passage, nous réalisons que les trois idées  à la base de notre réflexion – Billy Eliott, les écriteaux et les expressions au pied de la lettre – ont été perdues quelque part au cours du processus!  Pas grave, on les repêchera une autre fois 🙂

Double première!

Bref, au final, voici le résultat:

Généralités:

Genre: comédie

Synopsis: Trois jeunes qui s’ennuient décident de braquer une maison en pleine nuit –  mais ce sont des « bras cassés » et les choses ne se passent pas vraiment très bien! Jusqu’à que l’un d’eux, un peu dans la lune, réalise qu’ils sont en train de braquer sa propre maison…

Personnages principaux:

Maëlle,  jeune fille qui à un air très sage… mais qui se révèle en faite particulièrement brûtale et violente! Si tu peux t’habiller, Maëlle, de manière très classique comme une enfant sage ce serait super, afin qu’il y ait un contraste comique entre ton apparence et ton jeu.

Martin, garçon dans la lune, maladroit et étourdi: une sorte de Pierre Richard quoi!

Thomas, garçon au contraire très sage, sérieux, organisé, minutieux.. le cerveau de la bande, un peu désespéré du comportement de ses comparses!

Indications scénaristiques:

 

Début: Les trois jeunes sont sur un banc, ils s’ennuient. Maëlle propose un braquage, ils sont tous d’accord.
– En arrivant à la porte, Maëlle veut la défoncer – mais Thomas se rend compte qu’elle est ouverte. Peut-être comique de répétition avec les portes intérieures?
– les braqueurs remplacent les objets volés par des « copies », c’est Martin qui s’en charge => un tableau remplacé par un dessin, un vase par un pot en plastique, un ordi portable remplacé par un jouet
– Martin fait tomber la télé (on le voit pas mais jeu avec bruitage au montage…)
– Maëlle voit une épée elle trouve ça géniale et commence à jouer avec en cassant un peu tout
– Thomas essaie d’ouvrir un placard fermé avec un cadenas (ou simplement à clé). Il essaie minutieusement avec plusieurs outils (fil de fer, tournevis, petite pince, lime à ongle…) puis Maëlle arrive avec l’épée pour l’aider.
– En jouant sur l’éclairage de la lampe en contre-plongée sur les visages, Martin a peur de Maëlle et Thomas et lui-même dans un miroir.
– On entend la police, Thomas et Maëlle se regardent ils s’imaginent une arrestation (insert avec pistolet, éventuellement dans une voiture) – et du coup ils partent se cacher un peu bêtement. Puis Martin apparaît avec une voiture de police jouet qui fait du bruit
Fin: la lumière s’allume et la mère de Martin apparaît: on se rend compte qu’ils étaient chez lui!

 

Lumière:

On tournera les intérieurs dans le noir, chaque acteur étant muni d’une lampe frontale et d’une lampe torche. Ainsi les acteurs s’éclaireront eux-même les uns les autres, ainsi que les décors et l’action, en jouant avec sur les réflexions et diffusions par les objets et murs blancs de la pièce.

Indications de découpage:

Découpage classique, afin d’aller vite: pour chaque scène nous assurerons un premier plan « master », c’est à dire pris en grand angle et avec déroulement de toute l’action, puis nous tournerons des inserts (gros plans, champs/contre-champs…) pour mettre en évidence les éléments les plus importants de l’action.

Indication de tournage:

L’action et dialogues seront décidés par les acteurs eux-même avant chaque scène, pendant que l’équipe technique préparera le plan. Nous ferons ensuite autant de répétitions et mécaniques que nécessaire (une mécanique est une répétition pour tout le monde, mouvement de caméra et de perche compris) avant de tourner le master puis les inserts.

 

Cet exercice sera donc une double première pour Cinémacam: tournage à l’improvisation, mais aussi tournage dans le noir le plus complet en jouant sur des lampes manipulés directement par les acteurs!

Tournage

CDA-00091.jpg

Et donc, ce samedi, nous avons pris une heure de plus sur la permanence et nous avons effectué la première partie du tournage!

Deux jeunes fils d’une membre de l’atelier étaient venus nous prêter main forte ce qui nous a bien aidé car nous n’étions pas nombreux. L’un s’est chargé de la prise son (perche) et l’autre du clap – travaux qu’ils ont effectué très consciencieusement après une rapide explication, bravo!

CDA-00032 CDA-00031 CDA-00029

La partie improvisation a très bien fonctionné. Les trois acteurs se sont bien entendus pour trouver des dialogues et des actions avant chaque séquence, en se basant sur les indications scénaristiques. Ils ont été inventifs et créatifs, et ont su ensuite jouer très correctement leur personnage. Encore bravo!

Côté mise en scène, nous nous sommes adapté à la configuration du lieu pour déterminer le mouvement des acteurs en accord avec l’action qu’ils avaient inventé, réussissant même parfois à intégrer plusieurs actions distinctes dans un même plan.

CDA-00024  CDA-00002

Côté image, avec le plus ancien des  membres de l’atelier aux commandes de la caméra, nous avons su trouver des angles intéressants en nous adaptant là encore à la configuration des lieux – par exemple un joli plan master en plongée avec tilt (c’est à dire panoramique vertical) depuis la rambarde d’un escalier qui monte du salon. Nous avions prévu deux objectifs (le Pentacon (M42) 28mm et le Chinon (M42) 50mm qui ouvre à 1.4) mais finalement nous n’avons utilisé que le 28mm même pour les gros plans, la luminosité donnée par les lampes étant suffisantes.

CDA-00001CDA-00010 CDA-00009
CDA-00045

Lesimages dans le noir avec l’éclairage aux lampes torches et lampes frontales se sont révélées particulièrement intéressantes, avec des jeux de lumières parfois inattendus rendant les plans très beaux, un peu étranges et surréalistes par moment.

CDA-00055CDA-00097 CDA-00043

Les premiers plans ont été prix en extérieur dans un froid de canard! Les acteurs et l’équipe technique ont cependant bien résisté malgré l’envie pressante de rentrer se réchauffer 🙂 En contrepartie l’intérieur était presque surchauffé avec notamment un feu dans la cheminée. Nous avons donc passé beaucoup de temps à nous vêtir et dévêtir de nos vestes, parkas, pulls en laine… 😀

CDA-00033CDA-00030 CDA-00034
CDA-00037 CDA-00038 CDA-00018CDA-00022

Quelques erreurs de script (nous n’avions pas prévu quelqu’un pour jouer ce rôle…) nous ont obligé à recommencer certaines séquences – mais ça s’est toujours fait dans la bonne humeur générale!

Au bout d’un peu plus de trois heures (nous avons pris du retard!) une petite moitié du film était dans la boîte. Nous allons effectuer un premier montage ensemble lors de la prochaine permanence (j’aurais fait le dérushage au préalable), et nous adapterons la suite des indications scénaristiques en fonction du résultat. La suite du tournage aura donc lieu dans deux semaine!

Bilan

Bilan: une excellente journée de tournage dans la bonne humeur générale et que tout le monde a apprécié! Cette journée montre que nous savons désormais, à Cinémacam, organiser un tournage presque sur le tard, en nous basant sur l’improvisation, qui plus est avec une partie de l’équipe totalement débutante, le tout en travaillant avec méthode et sérieux la bonne humeur en prime. Tout un programme! 🙂

Un grand merci à tous les membres de l’atelier qui ont participé, aux deux jeunes qui ont renforcé l’équipes en fournissant un travail de grande qualité, à celle qui a tourné un making-of (qu’on vous montrera une fois le film terminé), et aux parents qui nous ont prêté leur maison et leur jardin pendant 3h un samedi après-midi!

CDA-00013

La suite au prochain numéro!

 

Adapter une adaptation – exercice d’écriture de scénario.

Une (petite) mauvaise nouvelle: notre film « la clé des âmes » n’a pas été retenue par le jury dans les 8 finalistes (sur 113 films!) du concours des 48h films projects. A vrai dire on s’y attendait un peu: nos points forts (bon scénario, bons acteurs) n’ont pas été suffisant pour compenser les quelques soucis techniques sur le son et l’image. C’est que ce concours est très exigeant et vu les films aux palmarès des années précédentes, la barre est généralement placée très très haute! Reste la belle aventure que nous avons vécu et dont on se souviendra longtemps, comme l’an passé. Et pour ce qui est de gagner un prix… ce sera pour l’an prochain! 🙂

Nous avons commencé à aménager notre local. Voici une petite vidéo en mode « time-laps » de nos premiers travaux de ménage et installation: elle sera complétée au fur et à mesure de l’avancement:

Lors de la permanence d’aujourd’hui nous avons effectué un petit exercice d’adaptation. Nous sommes parti d’un extrait de roman, que nous avons transformé ensemble en scénario.

J’avais choisi un extrait du roman « Billy Elliot » de Melvin Burgess, lui-même étant déjà une adaptation… du film anglais de Stephen Daldry du même titre, sorti en 2000 et qui a connu un succès planétaire. Melvin Brugess en a écrit une adaptation en roman très fidèle, avec toutefois quelques libertés. J’ai choisi l’extrait où la famille reçoit la lettre de l’école de danse prestigieuse où Billy avait postulé.

Pourquoi ce choix? D’abord parce que c’est une séquence très forte du film, très simple mais véhiculant beaucoup d’émotion, notamment grâce au jeu d’acteur exceptionnel de ce film, mais aussi grâce au montage de cette scène en particulier. Ensuite parce que le roman est écrit à la première personne, sous les yeux du père qui en est le narrateur, ce qui rend le travail d’adaptation en scénario encore plus intéressant puisqu’il faut faire le travail de sortir du personnage pour trouver un point de vue externe.

Avant de le choisir je ne savais pas que le roman était l’adaptation du film et non l’inverse! L’exercice n’en n’est que plus intéressant dans la comparaison, au final, entre le scénario que nous avons écrit et le film original. (Je n’ai malheureusement pas trouvé l’extrait du scénario du film original…). Peut-être essaierons nous ensuite de tourner une version de cette séquence en partant de notre scénario!

L’extrait du roman, en anglais, peut-être trouvé ici (page 18 du pdf au bout de ce lien): https://www.teachingenglish.org.uk/sites/teacheng/files/billy_key.pdf

J’en ai écrite une traduction moi-même, car je n’ai pas trouvé l’extrait traduit sur le net. La voici:

C’est Nan qui a mis la main dessus en premier. Comme à son habitude elle n’avait pas toute sa tête, mais le peu qu’elle en avait était particulièrement affuté ce matin-là.

« Le facteur! » a-t-elle crié, puis elle est rentrée avec cette magnifique lettre dans les mains. Enveloppe fine, bien léchée. Elle me l’a donnée. Dès que j’ai senti le papier sous mes doigts, j’ai su.

« Cette fois ça y est » j’ai dit.

« Ouvre là! » a dit Tony.

« Arrête tes conneries. C’est la lettre de Billy. » …

Billy était à l’école et je me morfondais de ne pas savoir, mais on devait attendre. J’ai posé la lettre proprement sur la table entre le grille-pain et le sucrier.

Et elle est restée là, toute la foutue journée, comme si elle nous regardait. Bien sûr aucun de nous ne voulait la laisser tranquille. Je n’arrêtais pas de la tripoter, Nan n’arrêtait pas de la tripoter, Tony faisait pareil. Les voisins passaient et voulaient tous la toucher, sentir la finesse de son papier. Mme Johnson d’en face. Susan du haut de la rue. George fit un saut, pour voir. Du coup elle prenait des traces de doigts et Nan, pour la garder au propre, l’a mise dans la poche de son tablier – ce qui m’a rendu presque fou quand je ne l’ai plus vue. Evidemment elle avait oublié ce qu’elle en avait fait et on a passé une bonne demi-heure à la chercher. C’était un beau bordel: dans cette poche elle mettait des gâteaux, du pain avec du beurre…

« Mais laisse la tranquille! Maintenant on dirait qu’elle a servi à étaler le beurre sur les toasts… » que je lui ai dit.

Quand Billy est rentré de l’école à quatre heures, on était tous les trois, là, à l’attendre. J’avais foutu les voisins dehors. C’était une affaire de famille. Quand, je veux dire, si il n’était pas pris cette année, il ne voudrait pas que la moitié de la rue soit là à le consoler, lui dire de pas s’inquiéter et tout…

Dès qu’on a entendu la porte on est devenu comme des gamins à se précipiter pour s’assoir et n’avoir l’air de rien quand il entrerait. La porte s’est ouverte. Voilà, il était là. Je l’ai regardé. J’ai regardé la lettre. Je l’ai regardé de nouveau. Il était toujours en train de la fixer.

Il s’est approché et l’a prise. Personne ne disait un mot. C’était horrible. Il a contourné la table. Je pouvais voir Tony lui dire, par la pensée: « Mais va- y, ouvre là! ». Billy s’est léché les lèvres. Il a contourné la table pour aller dans la chambre de Nan. Il a poussé la porte coulissante et nous a jeté un œil, comme pour demander pardon. Je ne le blâme pas, mais à cet instant j’aurais pu le tuer. Il est rentré et a refermé la porte.

Et puis plus rien. Rien. Et encore rien. On entendait l’enveloppe s’ouvrir. On entendait la lettre sortir. Il y a eu une longue pause pendant qu’il lisait. A ce moment-là lui il savait. Pas nous. Rien. Encore rien.

« Ho et puis m*** » murmura Tony. Il s’est précipité sur la porte, c’est à peine si j’ai pu l’ouvrir devant lui. Billy était assis sur la chaise à côté du lit. Il a levé les yeux. Il pleurait. J’ai pensé « Ho, Billy! »

« Alors? »

« Je suis pris » qu’il a dit, d’une toute petite voix.

« YEEEEEEEEEEEEEESS » on a surement entendu notre rugissement à Tony et moi jusqu’au en haut de la rue. Je lui ai arraché la lettre des mains et je l’ai lue… On a sauté et crié.

La plupart des participants à cette permanence n’avaient pas vu le film, ou bien leur souvenirs en étaient très vieux et ils ne se rappelaient pas les détails. Dans un premier temps nous avons donc lu et étudié le texte, pour en décortiquer certains éléments, surtout le lieu de l’action:

Intérieur jour, maison de Billy, cuisine et chambre de Nan.

Ainsi que les personnages et leurs relations:

Billy, jeune garçon de 12/13 ans; Tony son grand frère; Nan, sa vieille tante ou grand-mère; le narrateur son père; des voisins et un facteur.

Puis nous avons découpé le textes en trois parties distinctes, qui seront autant de séquences:

  1. La lettre arrive
  2. La journée passe dans l’attente de Billy
  3. Billy arrive, prend la lettre, s’isole pour la lire pendant que les autres attendent, et enfin la nouvelle tant attendue.

Puis nous avons entamé l’écriture du scénario. Ce qui nous a permis de voir les spécificité d’un scénario comparé à un roman:

  • Point de vue externe (celui du futur spectateur), impossible de garder un point de vue subjectif.
  • Utilisation du présent de l’indicatif uniquement, pas de passé
  • On n’écrit que de l’action, pas de sentiments. En fait on n’écrit que ce qui sera visible à l’écran. Quitte à ajouter des actions non prévues dans le roman, mais qui permettent d’exprimer des sentiments que l’auteur n’a fait que décrire.
  • On découpe en séquences, chaque séquence ayant une unité – souvent de lieu et de temps.

Exemple intéressant: à un moment le narrateur dit: Je pouvais voir Tony lui dire, par la pensée: « Mais va- y, ouvre là! ». On a donc une double pensée: le personnage pense ce que l’autre personne, d’après-lui, est en train de penser… Comment rendre une telle chose à l’écran? Au final on a simplement traduit ça en « Tony le suit du regard, il a l’air tendu« .

Parfois il nous était difficile de nous cantonner au scénario, et nous pensions déjà au découpage (comment filmer telle action, quel type de plan, etc…). Notamment pour la deuxième séquence, où l’action est presque secondaire: elle doit juste exprimer le temps qui passe lentement et l’excitation autour de la lettre. Sur le scénario ça prend deux lignes, mais ça peut donner une séquence plus longue – on eu des idées tel qu’un plan séquence avec des accéléré, entrecoupé d’une horloge qui égrène les heures, avec une musique derrière…

Pourtant le travail de scénariste et celui de réalisateur sont bel et bien distincts. Dans le cinéma français ce sont souvent une seule et même personne mais ce n’est pas toujours le cas, notamment aux USA. Il arrive que des réalisateurs partent d’un scénario écrit par un autre pour décider de ce que ça donnera à l’écran (découpage en plans). Le scénariste doit donc faire attention à faciliter le travail du réalisateur en restant toujours factuel (on décrit une action, jamais des sentiments) et en lui laissant quelques libertés – inutile par exemple de décrire trop précisément les lieux en dehors des éléments qui servent vraiment à l’action, afin que le réalisateur puisse s’adapter un maximum à son lieu de tournage s’il n’est pas en studio.

Bref voici au final notre scénario:

    1. INT. MAISON DE BILLY, LA CUISINE - JOUR

       Bruit de sonnette. Nan sort puis revient brandissant la 
       lettre, en courant.

                       NAN
                   (Criant)
               Le facteur! Le facteur!

       Elle donne la lettre au père qui la regarde et la manipule 
       un moment. Puis il lève les yeux vers Nan et Tony.

                       LE PERE
               Cette fois ça y est!

                       TONY
                   (ton excité)
               Mais vas-y, ouvre-là!

                       LE PERE
               Arrête tes conneries, c'est la 
               lettre de Billy!

       Le père pose délicatement la lettre en évidence sur la 
       table, tenant le bout entre deux objets.

    2. INT. MAISON DE BILLY, LA CUISINE - JOUR

       La lettre est posée sur la table, du monde passe autour, des 
       gens la manipulent puis la remettent en place. A un moment 
       Nan la range dans la poche d'un tablier et tout le monde 
       semble la chercher. A la fin il n'y a plus que Nan, le père 
       et Tony. 

       Quatre coups sonnent à la pendule.

    3. INT. MAISON DE BILLY, LA CUISINE ET LA CHAMBRE DE NAN - JOUR

       On entend un bruit de porte qui s'ouvre. Les trois membres 
       de la famille se précipitent pour s'asseoir autour de la 
       table en essayant de garder contenance.

       Billy apparaît. Il regarde la lettre et se fige. Son père 
       regarde alternativement Billy et la lettre. Billy s'approche 
       et prend la lettre. Il contourne la table. Tony le suit du 
       regard, il a l'air tendu.

       Billy se passe la langue sur les lèvres puis sort de la 
       pièce vers la chambre de Nan. Au moment de sortir il se 
       retourne un instant et regarde sa famille d'un air un peu 
       triste.

       Les autres attendent nerveusement en se regardant ou en 
       fixant la porte. On entend les bruits de papier de la lettre 
       manipulée par Billy. Au bout d'un moment Tony se lève et se 
       précipite vers la porte.

                       TONY
               Et puis merde!

       Le père se précipite aussi, suivi de Nan, ils ouvrent la 
       porte. Billy est assis sur une chaise. Il lève vers sa 
       famille des yeux pleins de larmes. Le père prend une 
       expression déconfite.

                       LE PÈRE
               Alors?

                       BILLY
                   (Faible voix)
               Je suis pris.

       C'est l'explosion de joie chez le père, Tony et Nan.

                       LE PERE ET TONY
               Yeeees!

       Le père arrache la lettre, la regarde, ils sautent tous de 
       joie.

A la fin de la permanence nous avons regardé le passage correspondant du film de Stephen Daldry et pu comparer avec notre scénario: dans le film, l’accent est donné sur ce qui est notre troisième séquence, très longue, alors que la première est expédiée vite fait, et la deuxième carrément supprimée (remplacée par des plans de Billy rentrant de l’école et se faisant encourager par des gens dans la rue). On voit Billy en train de lire la lettre seul dans la chambre, on ne se contente pas de l’entendre à travers la porte avec la famille. Il n’y a pas d’explosion de joie sur le moment à la fin, mais on voit le père courir dans la rue joyeusement pour aller annoncer la nouvelle à ses amis.

Personnages en creux: exercice d’écriture collective

Sartre disait que nous nous définissons en fonction de l’image qu’ont les autres de nous-même: nous sommes ce que nous faisons de ce que les autres attendent de nous (expression empruntée à Michel Onfray).

Inspiré par cette pensée mais aussi par cette belle planche du dessinateur Boulet, j’ai inventé un petit exercice d’écriture collective auquel nous avons joué lors de la dernière permanence Cinémacam, et qui a donné des résultats stupéfiants, bien au delà de ce que j’imaginais!

Je l’ai nommé « Personnages en creux ». En voici l’énoncé:


Personnages en creux

OuCiPo – Exercice d’écriture collective

Les participants sont assis autour d’une table. Chaque participant incarne un personnage qui va être définit progressivement. Quelques règles de base:

  • Le personnage d’un participant doit pouvoir être joué par celui-ci (cinéma, théâtre…) sans déguisement : il doit donc avoir la même apparence physique.
  • Tous les personnages ont en commun d’appartenir à un même ensemble, déterminé au début du jeu : par exemple une même famille.
  • Le personnage d’un participant n’est pas définit par lui-même mais par ses deux voisins, à tour de rôle.
  • Il faut toujours rester cohérent et vraisemblable.

A chaque étape, un participant définit une caractéristique du personnage d’un de ses deux voisins. Le voisin concerné note cette caractéristique sur sa feuille (ou bien il passe la feuille au participant qui écrira lui-même la caractéristique).

On alterne le voisin concerné à chaque étape : voisin de droite, puis voisin de gauche, puis de droite, etc… A chaque fin d’étape, les éléments sont lus à haute voix pour que tout le monde les connaisse. Les discussions entre tous pour enrichir/expliquer les personnages sont autorisées et même encouragées !

A la fin de l’exercice il convient d’en faire une synthèse pour dégager un univers ainsi créé.

Le déroulé comporte trois phases:

Phase A : caractères objectifs

Dans cette phase les étapes sont effectuées à voix haute, chacun à tour de rôle en choisissant un point de départ et en tournant tantôt à droite, tantôt à gauche.

Etape A.1 : au personnage de votre voisin de droite, donnez un prénom

Etape A.2 : au personnage de votre voisin de gauche, donnez la relation objective qui le lie au votre (par exemple cousin, oncle, frère, etc..)

Etape A.3 : à droite, donnez un métier

Etape A.4 : à gauche, donnez des loisirs

Etape A.5 : à droite, donnez un statut marital

(…. A chaque partie, on peut ajouter des étapes …)

Phase B : caractères subjectifs

Dans cette phase, à chaque étape on laisse quelques minutes aux participants trouver les éléments et les écrire, puis on fait un tour de table où chacun lit à voix haute ce qu’il a écrit.

Etape B.1 : dites pourquoi votre personnage éprouve des sentiments positifs envers le personnage de votre voisin de gauche.

Etape B.2 : dites pourquoi votre personnage éprouve des sentiments négatifs envers le personnage de votre voisin de droite.

Phase C : écriture

Dans cette phase, à chaque étape on laisse quelques minutes aux participants trouver les éléments et les écrire, puis on fait un tour de table où chacun lit à voix haute ce qu’il a écrit.

Etape C.1 : racontez une anecdote s’étant déroulée entre votre personnage et celui de votre voisin de gauche, et qui explique les sentiments positifs envers lui.

Etape C.2 : racontez une anecdote s’étant déroulée entre votre personnage et celui de votre voisin de droite, et qui explique les sentiments négatifs envers lui.

Fin de l’exercice, mais rien n’empêche d’imaginer d’autres phases!

Variante de l’exercice : jeu à l’aveugle.

On déroule les mêmes étapes mais sans aucune concertation entre les participants qui écrivent les éléments au fur et à mesure sans les dévoiler, puis on fait un tour de table pour tout dévoiler d’un coup. On effectue alors un travail collectif pour retoucher et corriger les éléments afin d’arriver, au final, à la cohérence et la vraisemblance pour chaque personnage, chaque relation entre personnages, ainsi que pour l’ensemble.


Synthèse de l’exercice joué en permanence Cinémacam le 17/10/2015

Nous avons joué cet exercice en permanence Cinémacam le 17/10/2015. Nous avons pris comme ensemble de base un lien familial élargi (par exemple, des cousins éloignés ça passe) entre tous les personnages.

Voici la disposition des personnages autour de la table :

trtt

A noter que ce jour-là, premier jour de vacances, il n’y avait que 4 membres de Cinémacam présents, et uniquement des garçons. J’ai joué moi-même pour construire un 5ième personnage.

Vous trouverez à la fin de ce document PDF téléchargeable les fiches des personnages avec les informations brutes telles qu’elles ont été imaginées par les participants.

Voici une synthèse de l’exercice, qui a permis l’émergence d’une famille de personnages étonnement riche, complexe, loin d’être manichéenne, ce qui lui confère un énorme potentiel pour de futures histoires ou scénarios !

Ce qui est surprenant est que la plupart des informations données par un participant sur le personnage d’un voisin en dit souvent encore plus long sur son personnage propre, que sur celui du voisin ! Ainsi les personnages sont vraiment définis en creux.

Un rappel important: nous avons ici définit des personnages et des situations entièrement fictives. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite! Les situations et personnages ainsi définis sont tantôt sombres et négatifs, tantôt solaires et positifs, mais le plus souvent les deux à la fois dans une certaine complexité – c’est ce qui leur donne une certaine épaisseur.

Synthèse :

La famille qui se dégage de l’exercice est une grande et vieille famille globalement catholique et traditionnelle, avec peut-être des origines aristocrates mais qui se sont perdues. Elle a les qualités et les tares inhérentes à ce genre de famille, toujours aux extrêmes, avec des personnages hauts en couleur et caricaturaux. Grandeur et décadence !

Ce n’est pas une famille riche hormis quelques exceptions, mais certaines de ses branches ou cellules familiales tentent de vivre selon un modèle social traditionnel, avec toutefois quelques échecs – bien cachés afin de sauvegarder les apparences et éviter le scandale !

L’une des cellules par exemple a deux enfants. Ils vont dans un collège religieux jésuite. L’un des enfants est pétri de problèmes psychiatriques de type schizophrène et paranoïaque, il a de gros problèmes comportementaux et se trouve en situation de grave échec scolaire. Alors que son petit frère est tout l’inverse : élève brillant, intelligent, bien dans sa peau et sage comme une image – mais voilà, celui-ci est adopté, alors que l’autre est un enfant naturel… Cette famille cache un secret, un drame familial : la copine de l’enfant à problèmes, une jeune fille plus jeune encore que lui, du même genre de milieu, est enceinte – et c’est très certainement lui le père ! Afin d’éviter le scandale la chose s’est réglée entre familles et ne doit pas en sortir…

Dans la même branche, le grand-père est également assez caricatural – il y en a toujours un dans ces familles : vieil anarchiste de gauche, anti fasciste et anti-clérical, mais aussi débonnaire et chaleureux, assez malicieux. Il n’a pas coupé les ponts avec sa famille traditionaliste, bien au contraire : il aime à se poser comme le trublion, le grain de sable, mais au fond de lui il adore sa famille et ne pourrait pas s’en passer !

Dans une autre branche, le demi-frère du précédent mais beaucoup plus jeune est, lui, un riche dandy, adepte d’un certain hédonisme mais sans réelle idéologie. Bon vivant, il aime jouir de la vie. Il a causé un grand scandale dans la famille en se mariant avec une femme noire africaine, mais ce n’était pas du tout par idéologie : juste qu’ils s’aimaient et se foutaient pas mal du « qu’en dira-t-on » ! Amateur d’art il est aussi collectionneur. Notamment il tient une grande collection, probablement l’une des plus complète au monde, d’un goût très particulier : il s’agit d’objets, représentations et photographie érotiques provenant des toutes les époques humaines !

Un jeune neveu du précédent est lui aussi haut en couleur : ses parents sont bien plus modestes, lui-même est en échec scolaire et apprenti technicien de surface… mais il fait preuve d’une qualité étonnante : il est particulièrement brillant au jeu d’échec, jouant en club et remportant régulièrement des compétitions de haut niveau !


L’exercice a été très amusant et très collectif, menant à beaucoup de discussions et d’éclats de rire 🙂 Il a été difficile de faire respecter la règle « cohérence et vraisemblance », tant certains avaient tendance à vouloir partir dans des caricatures parfois délirantes 🙂

Je ne sais pas encore précisément quelle suite donner à l’exercice, mais il y a clairement là un terreau à histoires étonnant qu’il serait bête de laisser passer! Peut-être y trouverons nous l’inspiration pour le scénario du prochain film de l’atelier?

A part ça, quelques nouvelles:

  • Demain vendredi 23 notre film « la clé des âmes », réalisé en 48h, sera diffusé au cinéma Grand Action à Paris (5 rue des écoles dans le 5ième) à 19h. Si vous êtes dans le coin n’hésitez pas à passer! Vous pourrez voter pour lui après la séance, pour le prix du public.
  • Un grand merci au généreux donateur (il se reconnaîtra!) d’un projecteur LED à température variable. Il a servi pas plus tard qu’aujourd’hui pour éclairer une scène d’interview pour le making-of de nos dernières 48h film projects!
  • Nous avons filmé dimanche dernier l’après-midi Irlandaise à Montagny-en-Vexin, un très sympathique événement organisé par l’ACAM: chants, danses, Irish Cofee et délicieux gâteaux Irlandais étaient au programme! Voici quelques photos de l’événement pour terminer cet article, en attendant le montage de la vidéo!

CDA-00088 CDA-00082 CDA-00079 CDA-00078 CDA-00075 CDA-00074 CDA-00067 CDA-00063 CDA-00058 CDA-00043 CDA-00030 CDA-00029 CDA-00028 CDA-00025 CDA-00024 CDA-00023 CDA-00022 CDA-00021 CDA-00019 CDA-00018 CDA-00017 CDA-00016 CDA-00014 CDA-00012 CDA-00009 CDA-00004 CDA-00003 CDA-00002 CDA-00001

48h films project, récit d’un marathon de cinéma!

IMG_5501

[A voir aussi: toutes les photos du week-end]

Et voilà, nous l’avions déjà fait l’an passé, nous l’avons refait cette année: un film en 48h 🙂

Le contexte, c’est le grand concours annuel international « 48h films project », qui a lieu dans plus de 130 villes du monde, dont pas moins de 9 en France, à des dates différentes. Le principe: lors de la soirée « kick-of » le vendredi soir vous tirez au sort un genre de film (tel que drame, science-fiction, film de potes, etc…) puis trois éléments sont imposés à tous les participants: un personnage, un objet et une ligne de dialogue. 48h plus tard vous devez rendre un film achevé, d’une durée comprise entre 4 et 7 minutes, du genre que vous avez tiré et contenant les éléments imposés. Autant dire que c’est un véritable marathon de cinéma et que le sommeil n’est guère une option pendant ce week-end là 🙂

Août

Au 48h, ce qui paie le plus est la préparation! On ne peut pas écrire de scénario au préalable bien entendu, mais on peut rassembler son équipe, trouver des acteurs et des lieux de tournage, réunir du matériel, organiser la logistique…

Ainsi, dès le mois d’août nous lançons un appel à acteurs et lieux de tournage: nous cherchons des personnes qui acceptent de bloquer pour nous la journée du samedi 26 septembre, date prévue pour le tournage, en ayant conscience qu’on ne saura si on a besoin d’eux, ou du lieu qu’ils proposent, que la veille au soir lors de l’écriture du scénario!

Plusieurs personnes, certains habitués et d’autres nouveaux, répondent à notre appel: on les remercie beaucoup, ceux qui seront choisis comme les autres! 🙂

Question acteurs nous avons plusieurs profils, dont un des acteurs pros qui avaient joué avec nous sur « L’homme du bureau » et qui veut bien tenter l’expérience des 48h avec nous, ainsi qu’un ami à lui, également acteur expérimenté, qu’il nous décrit comme « baraqué et avec une gueule » – tout un programme 🙂

Question lieu nous avons un village, plusieurs maisons dont une nous fait très envie suite à nos repérages, plusieurs jardins, une galerie d’art et une boutique à Gisors, l’atelier et la salle d’exposition d’un facteur et vendeur de piano ainsi que son arrière cours, véritable  « cimetière de piano »… Et puis un lieu dont qu’on n’est pas encore sûr d’avoir mais qu’on nous décrit comme un « champs de Jaguars » plein de carcasses de vieilles voitures, uniquement des Jaguars – l’ancien antre d’un collectionneur dont les véhicules prennent la poussière!

IMG_5422

Début septembre

A l’approche du week-end des 48h on s’organise. On révise le making-of de l’édition précédente et on en relit le bilan: des erreurs avaient été commises, il s’agit cette année de ne pas les renouveler! Essentiellement ces cinq points:

  • Soigner le scénario! Ne pas le rendre compliqué avec trop de personnages – même si ça implique de ne pas prendre tous les acteurs qui auraient voulu jouer avec nous. Mieux vaut un scénario simple, qui va à l’essentiel et qui porte une émotion, plutôt qu’un scénario compliqué qu’on aura du mal à maîtriser…
  • Pas trop de monde pendant la phase d’écriture du scénario! Pour être efficace et ne pas perdre du temps à résumer sans arrêt pour les nouveaux arrivants, il faut être peu nombreux et un minimum isolés.
  • Faire un découpage technique! Même si ça implique de prendre encore un peu plus de temps sur notre sommeil, c’est une nécessité. Un découpage qu’il faut prévoir simple, classique, car on n’a pas le temps d’être trop originaux: une suite de plans « master » (toute l’action et tous les personnages visibles sur le plan) et d’inserts de type gros plans ou champs/contre-champs.
  • Avoir un/une scripte sur le tournage! C’est un poste essentiel pour aller plus vite lors du dérushage puis au montage: grâce à ses rapports on sait déjà quelles prises sont utilisables ou non, et on évite de se perdre dans la continuité des plans.
  • Avoir un monteur sur le tournage! Une personne avec un ordinateur portable pour récupérer les cartes mémoires à intervalle régulier (attention à soigneusement gérer le roulement des cartes!), les sauvegarder sur plusieurs disques, les dérusher et synchroniser les prises. La plus grosse partie de ce boulot fastidieux sera ainsi déjà faite lors qu’arrivera l’heure du montage!

En plus de la préparation logistique (liste des courses à faire par chacun pour les victuailles, organisation des transports, du logement, etc… c’est qu’on commence à prendre des habitudes! :-)))  La semaine d’avant le tournage fut donc consacrée à choisir, préparer et briefer un monteur et une scripte, mais aussi à former de nouveaux arrivants à l’atelier Cinémacam, et constituer les équipes du tournage: réalisation, image, son, etc… Nous avions la chance d’avoir plusieurs personnes en renfort pour nous aider pendant le week-end!

Pour la scripte j’ai préparé des rapports à remplir. Chaque feuille dispose de place pour donner des informations sur le tournage d’un plan: informations techniques et résultat de chaque prise pour l’image, le son et la réalisation (jeu d’acteur). Voici à quoi ça ressemble:

20150928_190356

L’usage dans le cinéma professionnel veut qu’une prise pour laquelle l’image, le son et la réalisation sont tous trois OK (on dit alors qu’elle est « cerclée » car la scripte entoure son numéro d’un petit cercle) doit être doublée, c’est à dire répétée une deuxième fois à l’identique, par sécurité: on n’est censée passer au plan suivant que lorsqu’on a deux prises cerclées.

Vendredi 25 septembre, 16h

C’est vendredi 25 à 16h que nous partons vers Paris pour le kick-off! C’est qu’il ne faudrait pas arriver en retard, la cérémonie commence à 18h… Le trajet commence fort mal: nous devions être trois mais l’un d’entre nous est tombé malade, il a donc dû rester chez lui… Et sur la route voilà que nous sommes victimes d’un accrochage, heureusement bénin. Espérons que ce n’est pas de mauvaise augure! Heureusement nous arrivons juste à l’heure.

CDA-00001

Vendredi 18h

Comme l’an passé la grande salle des fêtes de la mairie du 15ème, qui accueille le kick-off, est noire de monde. Paris est la ville qui bat chaque année le record mondial du nombre de participants aux 48h! Nous apprendrons qu’il y a cette année 146 équipes sur les starting block.

CDA-00002 CDA-00005

Une autre membre de l’atelier nous rejoint. Après les discours vient l’heure du tirage au sort. Notre réalisateur préféré aimerait beaucoup tirer le genre « film de potes », il nous promet même de chanter une chanson pour le making-of si ça arrive!

Pas de chance, on n’aura pas la chanson… 😀 Nous tirons le genre fantastique. Ouch! On se regarde et certains d’entre nous envisagent sérieusement de prendre un joker: comment faire du fantastique avec les moyens Cinémacam, c’est à dire budget zéro et sans aucune expérience en effets spéciaux?!

CDA-00006

Puis l’énoncé des éléments imposés nous coupe dans nos réflexions. Personnage: Ulysse ou Zoé Saladin, collectionneur/euse ; Objet: une roue ; Phrase de dialogue: « Crois moi ou pas, c’est la vérité ».

Et là ça fait *tilt*! Si nous parvenons à avoir ce lieu dit du « champs de Jaguars », alors tout se goupille superbement: un collectionneur de voitures dont la collection tient du cimetière… des roues de voitures… une vérité difficile à croire… Bref toutes les conditions sont réunies pour trouver un bon scénario fantastique!

CDA-00007

Vendredi 19h30 / H-48h

Du coup oublié le Joker! Je me précipite sur mon téléphone pour essayer d’obtenir enfin l’autorisation pour le « champs des Jaguars »: par chance j’arrive à obtenir la bonne personne et… ouf c’est OK, on peut y tourner le lendemain!

Nous reprenons la route avec excitation, plein d’idées qui fusent et que nous notons tant bien que mal! Petit à petit se dessine une histoire de fantômes: la meilleurs solution pour un film fantastique sans effets spéciaux ou presque, puisqu’un fantôme peut tout simplement avoir forme humaine! Nous imaginons une collection de voitures hantées, un sorcier retenant prisonnier des âmes dans de vieilles voitures, un sérial-killer magicien qui retient les âmes de ceux qu’il assassine, etc… etc… etc… Un véritable brainstorming sur le chemin du retour!

Vendredi 21h / H-46h30

Nous nous rendons compte que nous prenons un sérieux risque: aucun d’entre nous n’a jamais vu ce « champs des jaguars » où nous prévoyons de tourner, nous n’en n’avons qu’une description faite par une amie. Nous partons donc un peu à l’aveugle, sans repérages… En arrivant nous décidons de faire un petit crochet sur le lieu de tournage histoire de mieux nous rendre compte mais pas de chance, l’endroit est entouré de hautes haies derrière un grand grillage, impossible de voir à l’intérieur. Bon.. bah, que la chance soit avec nous! 🙂

Nous rentrons donc manger une pizza et travailler sur le scénario avec plusieurs autres personnes qui nous rejoignent (un jeune de l’atelier, la scripte qui a besoin de bien s’imprégner du scénario, deux personnes pour la logistique et les acteurs que j’héberge chez moi).

CDA-00008

Peu à peu, au fil de la soirée, nous parvenons finalement à épurer notre histoire pour la rendre plus simple, peut-être plus humaine, mais du coup plus solide et maîtrisable – au prix de la suppression de plusieurs personnages et donc de quelques acteurs qui auraient pourtant bien voulu jouer avec nous. Il faut parfois savoir faire quelques sacrifices! Le fantastique est bien là mais il n’est plus qu’un prétexte pour raconter, symboliquement, la difficulté de faire son deuil: c’est l’histoire d’un homme qui retient les fantômes de son passé, et d’un enfant qui va l’aider à s’en libérer.

CDA-00150 CDA-00151

Le personnage principal est celui qui a été imposé pour le concours – Ulysse Saladin, collectionneur de vieilles voitures pleines de fantômes! 😉 Nous décidons qu’il sera joué par l’acteur « baraqué avec une gueule » venu nous rejoindre pour l’occasion. L’enfant sera joué par un jeune acteur très prometteur, qui a souvent travaillé avec nous et avec notre réalisateur préféré, et qui s’améliore à chaque film! Il y a quatre fantômes: les parents d’Ulysse, sa petite soeur et son ami d’enfance. La famille sera jouée par des acteurs qui ont déjà travaillé avec nous plusieurs fois – dont la jeune fille très talentueuse de notre film « Non, rien », et l’ami d’enfance par un jeune homme avec qui nous travaillons pour la première fois.

Samedi 4h30 / H-39h

Après 9h de travail nous achevons enfin l’écriture du scénario et des dialogues! Dans à peine 3h30 toute l’équipe va débarquer pour le tournage, et nous n’avons pas encore pris de repos… Pourtant il est nécessaire d’écrire un découpage technique, car ça nous a beaucoup manqué l’an passé! Nous nous attelons donc à la tâche, renonçant presque définitivement au sommeil 🙂 Nous ne sommes plus que trois survivants à travailler, les autres n’ont pas résisté aux bras de Morphée!

CDA-00011 CDA-00010

Nous optons pour un découpage simple et classique, écrit à la main: une succession de plans maîtres (master, plan qui montre toute l’action) et de plans d’insert (gros plans, champs/contre-champs, etc…). Nous annotons également le scénario en regard du découpage pour nous aider à repérer l’étendu des plans par rapport à l’action. Nous nous payons même le luxe de petits dessins storyboard – le tout sans avoir encore vu le lieu de tournage, je le rappelle – nous travaillons donc sur des conjectures! Nous aimons prendre des risques 🙂

20150928_191115 20150928_190652 20150928_190144 CDA-00013 CDA-00014  20150928_191020

Enfin, nous prenons un peu de repos… à 5h50 du matin, deux heures avant l’heure de rendez-vous pour le tournage! Autant dire que nous ne dormirons que très symboliquement 🙂

Samedi 8h / H-33h30

Après quelques cafés bien corsés pour émerger d’un très court repos, toute l’équipe nous rejoint. Nous leur faisons une lecture du scénario, qu’ils découvrent à peine. les réactions sont positives, ouf: nos acteurs adhèrent à l’histoire!

CDA-00018 CDA-00020

Puis nous prenons la route, direction le lieu de tournage où nous avons rendez-vous avec le propriétaire à 9h.

Samedi 10h / H-31h30

On piétine un peu… Nos réactions ont été mitigées face au lieu de tournage: nous nous attendions à plus impressionnant d’après ce qui nous avait été « vendu ». L’endroit vraiment impressionnant est un garage juste à côté, rempli de dizaines de Jaguar qui prennent doucement la poussière – mais là le proprio ne préfères pas nous laisser tourner. A l’extérieur il y a toutefois quelques voitures très sympas, mais elles sont peu nombreuses.

CDA-00028

Nous devons choisir celle de nos fantômes: Nous optons d’abord pour une aux couleurs noires située en plein centre du jardin car les autres sont envahies d’une végétation très humide (nos pieds sont trempés!) et nous commençons à l’aménager pour le film… puis nous changeons d’avis car la grise sur le côté est quand même bien plus « classe » et le régisseur en chef part chercher une débroussailleuse.

Heureusement nous pouvons disposer deux autres Jaguar dans le jardin: une appartenant à un de nos acteurs et qui est venu avec (tout à fait par hasard en plus, une coïncidence très amusante! :-)), l’autre nommé » la « zingo-jaguar » est une voiture dont la carrosserie a été entièrement zinguée par l’article Pascal Catry et que le propriétaire va gentiment nous chercher! On peut donc remplir de manière satisfaisante le décors et le champs de la caméra.

IMG_5421

Mais en attendant jaguar et débroussailleuse, nous piétinons… Afin de ne pas laisser perdre les précieuses minutes qui s’écoulent,  nous travaillons les premières séquences avec les acteurs, afin de trouver le ton le plus juste possible avant de lancer la machine du tournage.

IMG_5495 CDA-00106

IMG_5460

Samedi 11h / H-30h30

Après deux heures passées à attendre et répéter, enfin le premier clap peut retentir: le tournage commence! Comme chaque fois le début est un peu laborieux et les prises sont souvent répétées: il faut mettre les rouages en place, trouver la bonne synergie, laisser les nouveaux s’habituer et trouver leur place…

CDA-00043 CDA-00045

Mais bon, vaille que vaille, on avance! les acteurs supportent avec patience les long moments d’attente pendant que nous préparons les plans – surtout quand ils doivent s’écraser dans la voiture délabrée pendant toute la prise juste pour faire une apparition fantomatique en fin de plan!

CDA-00034 CDA-00033

En fin de matinée, sur six séquences que comporte notre scénario, nous n’en n’avons tourné qu’une… Ce n’est donc pas sans une certaine inquiétude que nous voyons la journée avancer: nous avons pris beaucoup de retard ce matin! Nous ne nous accordons donc qu’un très courte pause déjeuner avant de repartir de plus belle.

IMG_5456

Samedi 14h30 / H-29h

Cette fois il faut aller vite, être très carrés. J’endosse le rôle pas très agréable de l’assistant réalisateur pressé par le temps, quitte à brusquer un peu les gens par moment (mais je m’en excuse après coup!). On n’a pas le choix: il faut avancer, que chacun reste concentré sur le film, et qu’on enchaîne les (bonnes!) prises. Il faut parfois se battre contre les « éléments »: des bruits de tondeuse, une voisine inquiète qu’on tourne devant son garage (sur ce genre de problème il faut toujours agir avec beaucoup de diplomatie, ça prend du temps…), des bruits d’avion ou de de train, un soleil qui joue à cache-cache avec les nuages et n’est pas toujours raccord d’une prise à l’autre… bref le grand classique sur un tournage! 🙂

IMG_5443 IMG_5441

IMG_5477

Mais ça marche! On enchaîne parfois plusieurs plans de suite avec une seule bonne prise (qu’on devrait doubler par sécurité, mais on manque de temps…), les acteurs font un travail formidable tout comme l’équipe technique: le son, l’image, la scripte et ses rapports soignés, le monteur et ses dérushages et synchro en direct, la régie et ses acrobaties pour nous cacher le soleil avec un parasol… Et tout ça dans la bonne humeur malgré un certain stress. Une mention spéciale à un nouveau qui vient de nous rejoindre à l’atelier et dont c’est le premier tournage: âgé de 12 ans seulement il est le plus jeune de l’atelier mais il s’implique à fond sur le tournage, présent sur tous les fronts (ingénieur son, making-of, décors, régie…) et toujours avec beaucoup d’efficacité, de motivation et de bonne humeur. Il nous a tous impressionné, bravo! 🙂

IMG_5497 IMG_5452

CDA-00087 CDA-00075 CDA-00088 CDA-00049 CDA-00069 CDA-00055

IMG_5451IMG_5466CDA-00095 CDA-00078

Les acteurs nous donnent quelques morceaux d’anthologie avec une énergie incroyable. On retient la force brute d’un « VOS GUEULES LA DEDANS! » de la part de l’acteur jouant Ulysse, qui  nous surprend tellement la première fois qu’on en rate la prise, elle se termine en fou rire 😀 On retient aussi l’incroyable énergie de la prise de bec entre les fantômes dans la voiture, qui nous prend de court: on ne s’attendait pas à une telle montée en puissance surtout de la part des acteurs non expérimentés. La aussi on termine plusieurs prises dans des fou-rires incontrôlables 🙂 Mais on retient aussi de très belles séquences d’émotion entre tous les acteurs dans les séquences finales.

CDA-00089  CDA-00100

CDA-00090 CDA-00118 CDA-00106 CDA-00092 CDA-00060 CDA-00104

IMG_5464IMG_0591 IMG_0562 IMG_0545 IMG_0595

Bref on est super content de la prestation de nos acteurs: ils nous donnent là un matériau formidable pour construire le film! C’est là aussi qu’on mesure le chemin parcouru par Cinémacam dans la direction d’acteur depuis nos tous premiers films… Nous pouvons être fiers de nous! 🙂

Une petite frayeur vient ternir quelques instants la bonne humeur générale: une carte mémoire qui a mal fonctionné, plusieurs prises perdues au son… C’est là que nous nous félicitons d’avoir mis en place, suite aux ennuis de l’an passé, un système de rotation de cartes mémoire, de sauvegarde régulière et de dérushage en plein tournage avec un monteur affecté toute la journée à ce travail. Ainsi nous n’avons perdu qu’un peu plus d’une heure de travail et non pas toute une journée… Qui plus est, par chance la plupart des plans concernés sont sans dialogues, plus un insert pour lequel nous avions tourné un master en contre-champs. Nous décidons donc de refaire une prise son seule pour les plans sans dialogue (bruits de pas, bruit d’une clé manipulée sur un capot de voiture…) et que nous jouerons sur les champs/contre champs et la prise son du master pour l’insert.

IMG_5491

Malgré la bonne marche du tournage, le temps nous manque… Nous décidons donc d’annuler « à la volée » plusieurs inserts qui étaient prévus au découpage. Là encore on se félicite d’avoir pris le temps de faire le découpage la veille (enfin, plutôt, le matin même! :-)) et de l’avoir fait de manière très carrée, en assurant un master à chaque plan. Il nous est donc facile de supprimer quelques inserts non indispensables pour gagner du temps, sans pour autant avoir à craindre qu’il ne nous manque des choses ensuite au montage.

Bref, les leçons tirées de l’an passé auront vraiment été payantes cette année pour éviter de nouvelles catastrophes!

Samedi 18h30 / H-25h

La fin de la journée de tournage est une véritable course contre la montre, et contre le soleil… On se croirait dans le Dracula de Coppola!  A cette heure ci la nuit tombe très vite or tout notre film est censé se dérouler de jour. les dernières prises se font donc tambour battant, plus le temps de rire ou de fignoler. Pour mettre en place un plan sur plusieurs niveaux en profondeur je dois courir entre les positions des acteurs pour leur expliquer les déplacements! Ils se plient de bonne grâce à cette accélération du tempo, d’autant plus qu’il commence à faire froid et que tous ne sont pas habillés très chaudement! 🙂

Pourtant, cette course contre le soleil, malgré nos efforts, nous la perdons… De peu, mais nous la perdons: nous devons tourner les tous derniers plans – qui sont situés vers le début du film, donc censé être en plein jour – dans une certaine obscurité et sous les lumières de réverbères qui viennent de s’allumer… On se demande donc comment diable on arrivera à faire passer ça… Ou bien s’il y aura moyen de supprimer complètement cette séquence sans trop mettre à mal la narration! Ou encore si on pourra tourner un peu plus le lendemain, mais ça semble mort côté disponibilité du jeune acteur…

CDA-00121 CDA-00123

Samedi 19h30 / H-24h

A un jour pil-poil de l’échéance nous terminons le tournage! Modulo les derniers plans tournés dont on ne sait pas s’ils seront utilisables, le reste est dans la boîte. Nous savons la plus grosse partie du dérushage déjà fait par notre monteur, nous nous payons donc le luxe d’un temps de détente autour d’un grand plat de pâtes à la crème et au jambon mijoté par nos régisseurs aux petits soins pour nous 🙂

CDA-00124 CDA-00125

Samedi 22h00 / H-21h30

Entre le repas, les au revoir aux acteurs qui s’en vont, les discussions, la fatigue et notre confiance dans le fait que le montage sera rapide car on a bien préparé en amont (découpage bien défini, pré-dérushages sur le tournage, rapport scriptes…), on met pas mal de temps à revenir au turbin. La suite montrera qu’on aurait dû se sentir un peu plus pressés, quand même…  Notre objectif est d’arriver à un premier ours (montage grossier pour voir le rythme) dans la nuit, de prendre quelques heures de sommeil puis de terminer le lendemain. Nous sommes trop optimistes: dans les faits, le premier ours ne sera prêt qu’à 8h du matin le lendemain!!

Pendant toute la nuit nous travaillons d’abords à plusieurs, puis à deux, enfin chacun relayant l’autre. Ainsi nous pouvons œuvrer toute la nuit sans discontinuer tout en prenant trois heures de sommeil chacun son tour. Heureusement, il y a du café, des bananes et du jus d’orange, indispensable à notre survie!

CDA-00126 CDA-00129

Dimanche 8h00 / H-11h30

Au matin nous nous retrouvons enfin avec un ours acceptable. Certains passages nous ont donné du fil à retordre: problèmes de raccords, synchronisation de prises de son seul sur des images enregistrées à part, parvenir à rendre convainquant nos « effets spéciaux » très cheap (apparitions/disparition des fantômes), etc… Mais nous en sommes venus à bout!

Reste le problème de la scène tournée de nuit… Nous ne trouvons aucune solution acceptable. En désespoir de cause nous rappelons la famille de l’acteur et… ho miracle, il est finalement disponible! Ni une, ni deux nous embarquons une caméra et du matériel son dans la voiture et nous allons vite re-tourner les plans problématiques dans la rue en face de chez lui!

12036627_1666207253666378_836136913233925688_n CDA-00158 CDA-00131

Dimanche 11h00 / H-8h30

De retour avec les dernières images et sons nous avons le plaisir d’être accueillis par d’excellentes viennoiseries achetées par le seul membre de l’équipe régie encore sur le pont, toujours aux petits soins pour nous – il enchaînera ensuite pour nous préparer le déjeuner! 🙂 De quoi nous redonner une bonne dose d’énergie car la fatigue commence à nous handicaper sérieusement!

D’autres membres de l’équipe viennent nous soutenir et nous donner leur avis sur notre montage. Important et précieux car nous sommes un peu le nez dedans à ne pas arrêter depuis la veille 22h…

CDA-00130

Vers midi le compositeur vient voir à son tour les images et nous lui donnons nos instructions. Pendant que nous commençons l’étalonnage il va travailler devant son piano: une heure plus tard il est prêt, nous partons donc pour l’enregistrer!

CDA-00135

Enfin nous avons tous les éléments pour terminer le film! Le mixage nous pose de sérieux problèmes: nous nous rendons compte que nous n’avons pas été assez attentifs dans les prises sonores! Nous avons fait l’erreur de ne pas vérifier le gain d’entrée avant chaque prise, qui plus est nous n’avons pas été assez proches avec la perche sur certains plans larges.  Nous aurions dû poser un micro-cravate sur les acteurs au moins à deux reprises… Ainsi nous nous retrouvons avec des passages où le volume des paroles est faible, trop faible! Pas raccord et pas très « pro »… Il y aurait moyen de corriger ça en grande partie en augmentant le volume et diminuant le bruit de fond mais c’est un processus long et compliqué or nous n’avons plus le temps! Nous laissons donc passer, tant pis… On fera mieux la prochaine fois. Et on se promet, bien entendu, de produire plus tard une version « director’s cut » finalisée sur ces aspects.

Dimanche 16h00 / H-3h30

L’heure H approche, il est temps d’écrire les génériques et d’effectuer le rendu final. Le film nous plaît: certes nous ne pouvons pas ne pas voir les petits défauts sur le son ou l’image (mise au point, raccords à l’étalonnage…) mais les ingrédients principaux sont là et bien là: un bon scénario, de bons dialogues, de bons acteurs, du rythme et une belle émotion qui s’en dégage!

CDA-00136 CDA-00138 CDA-00139

Dimanche 17h00 / H-2h30

Nous partons pour Paris pour rendre notre film sur deux clés USB! Nous nous étions assuré que notre chauffeur ait dormi la veille, pas comme nous qui sommes proches de la syncope 🙂 D’ailleurs nous dormons le plus clair du trajet…

Dimanche 18h30 / H-1h

Ça devient une tradition: comme l’an passé nous rendons le film dans les premiers, avec une bonne heure d’avance 🙂 C’est qu’il fallait assurer une bonne marge de sécurité en cas d’embouteillages… Surtout que c’était « jour sans voiture » à Paris, ce qui ne nous a pas facilité les choses. Pas qu’un jour sans voitures ne soit pas une bonne chose en soit, attention, mais juste là ça tombait très mal pour nous 😀

CDA-00142 CDA-00144

Comme l’an passé, soulagés, nous allons prendre un petit verre en attendant le décompte final.

Dimanche 19h30 / heure H !

Et voilà, le compte à rebours se termine sous une ambiance électrique dans la grande salle des fêtes de la mairie du XVeme! Ca n’a pas été la joie pour tout le monde. Certaines équipes sont arrivées dans les toutes dernières secondes pour rendre leur film. Beaucoup continuaient à travailler sur leur ordinateur portable pendant le décompte final. Pour certains, ça ne l’a pas fait…

Au final on nous annonce que sur les 146 participant, 112 films sont finalement en compétition! Il y a donc 34 équipes qui n’ont pas réussi à rendre leur film à temps. Mais pour nous, c’est bon! 🙂

La suite ce sera mi-octobre pour les projections publiques au cinéma Grand Action dans le 5ième – je donnerais ici les dates de passage de notre film, si vous voulez venir le soutenir et voter pour lui (prix du public)! Suite à quoi, nous pourrons enfin vous montrer le film sur Youtube et ici sur le blog 🙂

Conclusion

Pour la deuxième fois nous avons réalisé un film en 48h. Et cette fois sans catastrophe, presque tranquillement! 🙂 Une très belle expérience qui se termine!

Un immense merci à tous les participants pour leur motivation, leur implication et leur bonne humeur, notamment ceux qui participaient pour la première fois à un film avec Cinémacam. Un grand merci aussi à tous ceux qui nous ont aidé de prêt ou de loin: ceux qui nous ont prêté du matériel ou simplement des draps pour l’hébergement des acteurs, ceux qui ont bloqué leur samedi pour nous et que nous n’avons finalement pas choisi, ainsi que ceux qui auraient bien voulu participer mais que les circonstances ont empêché.

Surtout une pensée spéciale à C, un membre de l’atelier que nous avions surnommé « bras frèles » l’an dernier, et qui aurait beaucoup aimé être avec nous… On a pensé à lui très fort!

On remet ça l’an prochain! 🙂

CDA-00148

La clé des âmes

Atelier OuCiPo : scénarios croisés et vieux film muet

Depuis plusieurs séances nous travaillons sur un exercice de forme avec contrainte un peu plus long que d’habitude!

Voici la contrainte.

  1. Il y a deux équipes, chacune commence à écrire un scénario dont les personnages doivent pouvoir être joués par les membres de l’autre équipe. Le sujet est libre mais le scénario doit respecter deux contraintes: unité de lieu et unité de temps, et il doit être facilement réalisable (pas d’effets spéciaux, etc…)
  2. Au bout d’un moment, l’équipe inscrit trois possibilités pour la suite du scénario, et passe son script à l’autre équipe.
  3. L’autre équipe choisit une des trois possibilité et poursuite le scénario dans la direction choisie.
  4. Au bout d’un moment, on reproduit les étapes 2 et 3: le scénario revient donc à son équipe d’origine, avec trois possibilités pour le terminer.
  5. L’équipe d’origine choisi une des trois possibilité et termine le scénario.

A la fin de l’exercice, nous avons donc deux scénarios écris aux deux tiers par une équipe (le début et la fin) et à 1/3 par l’autre (le milieu).

Ce travail d’écriture nous a occupé sur une séance entière. Les deux équipes sont parties sur des comédies… avec des baffes et des pleurs 🙂 L’une des deux équipes à fait d’emblée un choix très particulier, qui est de partir sur un film muet qui devra être filmé « à la manière » d’un film muet des années 20.

Voici les deux scénarios résultat de l’exercice:

150124 – Scénarios croisés – Equipe 2

150124 – Scénarios croisés – Equipe 1

Les deux séances suivantes ont été consacrée au tournage de ces scénarios – directement, sans travailler de découpage technique au préalable. Comme les scénarios respectaient les contraintes d’unité de lieu et de temps, afin de nous faciliter la tâche au montage nous avons tourné chaque plan avec trois caméras fixes – une en plan général et deux en plan rapprochés sur les acteurs. Nous n’aurons ainsi qu’à alterner entre les vues au montage, selon la dynamique souhaité. L’équipe d’origine de chaque scénario était à la réalisation et à la technique tandis que l’autre équipe constituaient les acteurs du film.

Capture-2015-02-21-00h30m59s239

Ces deux séances nous ont d’ailleurs permis entre autres de travailler le jeu d’acteur: il se devait d’être volontairement exagéré et très visuel sur le film muet, beaucoup plus réaliste sur le film parlant. Sur le film muet les acteurs devaient se donner des baffes: l’expérience au théâtre d’une des actrices nous a bien aidé! Avec tout de même quelques belles tranches de rigolade 😀

Capture-2015-02-21-00h31m47s247

Lors de la séance suivante – la semaine dernière – nous avons travaillé ensemble le début du montage du film muet (j’en avais fait le dérushage au préalable): nous avons d’abord regardé quelques vieux films des années 20 pour déterminer ensemble les éléments qui donnent le « look and feel » que l’on recherchait: noir et blanc, cadre carré, contrastes élevé, grain et flou sur les zones lumineuses, craquelures et rayures de la pellicule, poussières, vitesse (nombre d’image par seconde) variable, « sautes » d’images… Vous trouverez plus de détails sur ce point dans cet article.

Capture-2015-02-21-00h42m08s46

Capture-2015-02-21-00h46m22s3

Puis  nous avons recherché ensemble quelques musiques de piano libres de droits pour la bande sonore, ainsi que des images de cadres et une police de caractère adaptée au dessin des cartons. Enfin, nous avons monté les 45 premières secondes du film. Pour certains c’était leur premier montage: ils ont remarqué à quel point ce travail était long – mais très créatif!

Capture-2015-02-21-00h37m54s90

J’ai ensuite poursuivi le montage dans la semaine et j’ai appliqué quelques effets à l’aide de plusieurs outils sous Adobe Première afin de donner l’aspect vieux, rayé et poussiéreux au film. Voici le résultat final:

Le deuxième film est encore à monter: il fera l’objet d’un autre article 🙂

Autres nouvelles

Voici quelques nouvelles en vrac:

  • La possibilité d’une deuxième sortie « festival » de l’atelier se dessine peu à peu: ce serait début avril en Belgique au Festival International du Film Fantastique de Bruxelles – mais c’est encore à confirmer. Affaire à suivre!

  • Cinémacam participera le 18 avril à une soirée « jeunes et cinéma » organisé par la municipalité du village d’Avernes, à mi-chemin entre Montagny et Cergy-Pontoise. Nous y présenterons notre travail et participerons à un débat avec les jeunes du village. Une soirée sympathique en perspective!
  • Un projet se dessine pour le mois de mai entre l’ACAM et la chaîne France 3 Picardie: Cinémacam sera mis à contribution! Je n’en dit pas plus pour le moment mais on en reparle vite.

L’acteur du théâtre au cinéma

By Mister GP (Own work) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons
By Mister GP (Own work) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons
Les derniers inscrits à Cinémacam sont des gens plus habitués au théâtre qu’au cinéma: ils en font régulièrement au conservatoire de Gisors. Et ça tombe très bien, car la direction d’acteur a été jusqu’ici le gros point faible de l’atelier, car on manquait de compétences en la matière 🙂

Voyez ci-après une interview extrait du making-of, celle d’une actrice ayant joué dans notre dernier film, et qui a rejoint l’atelier peu après. C’est la première fois qu’elle jouait devant une caméra et elle nous explique ce qu’elle a ressenti des différences avec le travail sur les planches (c’est à 16:21 si youtube ne vous y met pas automatiquement):

Une grosse différence est le côté décousu d’un tournage: il n’y a pas de continuité dans le jeu de l’acteur. Chaque plan est tourné isolément, souvent répété plusieurs fois. Entre le tournage de deux plans, et plus encore entre deux scènes, il y a de longues attentes pour l’acteur: mise en place du décor, réglage du son, de la caméra, etc… Et surtout, les plans ne sont pas tourné chronologiquement mais dans un ordre uniquement dépendant de contraintes techniques: par exemple, si on n’a l’accès à un lieu de tournage que pendant une durée déterminée, on tournera ensemble tous les plans situés sur ce lieu, même s’ils ne sont pas au même moment dans le film. On peut très bien tourner une scène de fin au tout début du tournage… ect…

A un acteur de cinéma est donc demandé une capacité à rentrer et sortir facilement du personnage, sur commande – et à n’importe quel moment du tournage et de la vie ou de l’évolution du personnage. Du côté de la direction, surtout si l’on travail avec des personne peu habitués au métier ou totalement novice, il faut trouver des techniques pour aider l’acteur à se mettre en condition avant chaque scène.

Un ami réalisateur me disait que pour obtenir d’un jeune acteur amateur un bon sentiment de colère et de frustration pour une scène clé d’un film, il lui a littéralement pourri la vie pendant toute la journée, trouvant le moindre prétexte pour lui faire des reproches injustes voire méchants. Le jour où il a voulu obtenir un moment de franche rigolade convaincante, il a soudain… montré ses fesses en plein tournage, hors champs mais juste devant les yeux de l’acteur! 🙂

By Amaranthe26 (Own work) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons
By Amaranthe26 (Own work) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons
Sur notre dernier tournage nous avons commencé à travailler en filmant des scènes entières à chaque plan (du moins la plupart du temps), où que soit placé la caméra, au lieu de ne filmer que le plan prévu. Nous y étions incité par le fait qu’on n’avait pas eu le temps d’écrire un découpage technique: on sécurisait ainsi un peu plus les raccords pour le montage. A l’usage, il apparaît que cette méthode de travail est également bénéfique pour les acteurs: au lieu de devoir se mettre en situation pour trois mots, ils peuvent s’étendre sur un peu plus de temps. Il est très possible qu’on généralise cette méthode lors de nos prochains tournage, même avec découpage technique!

Nous envisageons aussi, pour nos futurs projets (surtout ceux où on a le temps!), de réunir les acteurs auparavant sur une ou deux séance de répétition. Nous y jouerons les scènes les plus importantes, hors décors mais avec quand même une caméra. Ça permettra aux acteurs d’apprendre à se connaitre les uns et les autres, de s’entraîner et de mieux connaitre leur personnage.

En fait, nous pensons carrément faire rentrer ces séances dans le processus de scénarisation lui-même: pour chaque scène, nous ne donnerons pas un texte précis aux acteurs mais seulement un contexte et des informations qui doivent absolument être exprimées, et nous verrons comment d’eux-même ils organisent naturellement les dialogues. Ça nous permettra de trouver les configurations qui marchent le mieux et de fixer les dialogues en conséquences.

Ce sont là des discussions que nous avons eu en marge des permanences Cinémacam de la semaine dernière et d’aujourd’hui (qui s’est étendue jusqu’à 19h, soit 4h en tout!) et du travail sur nos deux prochains projets: le court-métrage « L’homme du bureau » et le mini-court pour le concours Nikon que nous intitulons provisoirement « Je suis un silence« . Pour ce derniers, qui doit durer 2’20 maximum, donc très court, voici le pitch sur lequel nous sommes tombé d’accord:

Un enfant veut dire quelque chose de très important qu’il a sur le cœur, on ne saura pas quoi mais on devine un drame intimiste et traumatique. Il s’adresse successivement à plusieurs adultes qui le repoussent, ne l’écoutent pas ou le négligent… Au bout d’un moment un adulte se rend enfin compte que quelque chose ne va pas, il va vers l’enfant pour lui demander, mais cette fois c’est lui qui refuse de parler.

Nous avons commencé l’écriture du scénario, qui est très simple et reposera donc beaucoup sur des émotions et impressions communiqués par les acteurs. D’où l’importance que nous voulons donner au travail d’acteur sur ce projet.

3111207407_ea37525588_z
Jennifer Moo – 366 – 350: You can’t shut me up – https://www.flickr.com/photos/cutiemoo/3111207407/

Making-of « Souvenirs de Famille » – 48h films project Paris 2014

Vivez ou revivez avec nous l’aventure des 48h films projects, un vrai marathon de cinéma! Tourné les 27 et 28 septembre 2014.

Ce making-of est un peu long, plus un reportage en fait. Si vous êtes trop pressé, vous pouvez aussi voir la version courte sous forme de clip 🙂 C’est là:

Enfin, pour revoir le film tel qu’on l’a rendu à l’issu du week-end, c’est ici:

Une version « director’s cut », plus aboutie, sera bientôt montée et mise en ligne.

Enfin, vous pouvez également revivre cette aventure à travers les articles suivants:

=====

Genre: Fish out of water
Personnage: Agathe Percier, professeur des écoles
Objet: un souvenir
Ligne de dialogue: « Comment tu sais ça? »

=====

Céline de Saint-Aubin : Céline Dumas
Yvon Percier : Yvon Aubin
Agathe Percier : Annick Aubin
Jonas : Jonas Juiff
Sandra : Sandra Barluet
Louna : Louna Pauly
Max : Max Gerbou

Scénario et dialogues : Max NLB, Gabriel Catry, Guillaume Gazon, Yvon Aubin, Jonas Juiff, Pascal Catry, Laura Catry, LucaR

Assistant-réalisation : LucaR, Gabriel Catry
Script : Gabriel Catry
Cadrage : Guillaume Gazon, Hugo Pauly
Prise de son : Christophe Deliancourt, Nicole Lantran
Clap : Hélios Catry, Salomé Dumas

Montage : Max NLB, Guillaume Gazon, Gabriel Catry, Jonas Juiff, LucaR

Montage making-of: LucaR

Régie et logistique : Famille Pauly, Famille Catry, Famille Dumas, Marie Gerbou, LucaR

Informatique et sauvetage de film : Sébastien Pauly

Musique originale : Nicolas Dumas

Musiques additionnelles making-of :

Running, Rotator et Be the One de Moby
(courtesy of mobygratis.com)

« Cold Funk » de Kevin MacLeod
(incompetech.com)
Licensed under Creative Commons: By Attribution 3.0
http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/

« Grange Party » de Huma-Huma
https://www.youtube.com/audiolibrary/music

Réalisation : Max NLB et LucaR

=====

Remerciement très spécial à Sébastien Pauly
pour avoir sauvé le film du désastre !

Remerciement à la famille Catry pour leur
acceuil sur le lieu de tournage.

Remerciements à l’ACAM Montagny pour permettre
à l’atelier Cinémacam d’exister.

Un immense merci à tous les participants,
et tous ceux qui ont permis la réalisation de cette aventure !

Réalisé les 27 et 28 septembre 2014
dans le cadre du 48h films project de Paris, édition 2014.

 

 

Idées de scénarios et Irish Cofee

Lors de la permanence d’hier nous avons accueilli une nouvelle personne dans l’atelier, et une autre encore (l’actrice qui jouait Sandra dans notre film « Souvenirs de famille ») va nous rejoindre très bientôt, ce qui portera à 10 le nombre d’inscrit – le double de l’an dernier. On s’agrandit! 🙂

Après avoir montré nos réalisations à la nouvelle inscrite – ce qui nous a permis de nous souvenirs de bons moment passés à les réaliser – nous avons discuté sur trois idées de scénarios apportées par deux membres de l’atelier. Les noms ont été donnés par moi-même, ils sont temporaires.

La boule magique

Un enfant se pose des questions sur sa vie future. Une « boule magique » (ce genre de truc: http://www.amazon.fr/Touslescadeaux-Boule-Magique/dp/B004ZP3PBW ) lui donne des réponses toutes faites. A chaque fois une séquence le montre plus grand, mettant en scène la question et la réponse.

C’est une idée intéressante mais qui doit être développé. Notamment, il faut lui trouver un sens, une direction, en se posant la question « qu’est ce que je veux exprimer? »
L’homme de bureau

Un homme bien propre sur lui travaille dans un bureau, mais il est régulièrement dérangé par des gens qui entrent, au début assez normaux (de simples collègues…) puis de plus en plus étranges, décalés, et qui remettent de plus en plus en question sa petite vie rangée. Il s’agace, résiste, s’énerve. A la fin, c’est lui-même enfant qui apparait et lui fait des reproche sur l’homme qu’il est devenu. Sa réaction est très violente, il massacre littéralement l’enfant (qui est lui-même!) puis se réveille: on pense qu’il rêvait, mais il voit sur son bureau des objets laissés par les intervenants… Il décide alors de tout plaquer, de changer de vie, et il sort du bureau.

Idée déjà bien solide (il y a un sens, une vraie direction). Il faut maintenant travailler un peu plus dans les détails: quels sont les personnes qui dérangent l’homme dans son bureau, et quelles sont leurs relations avec lui.
Le tueur du futur

Web-série en plusieurs épisodes, basée sur une histoire de quiproquos et de voyage dans le temps.

Le scénario envisagé est *très* compliqué (le porteur d’idée a eu bien du mal à nous l’expliquer ;-)) et si on veut en faire quelque chose de compréhensible il faut travailler à fond la cohérence de l’histoire complète de A à Z.

Le format web-série va demander beaucoup de travail: si on se lance dedans il faut que ce soit le porteur de l’idée qui porte également le projet d’un bout à l’autre (organisation, réalisation, montage, etc…) – je l’aiderais bien sûr, ainsi que tout l’atelier, mais ce sera lui aux commandes. Si le projet prend forme on peut, par exemple, décider de lui consacrer au moins une demi-heure par permanence du samedi sur plusieurs semaines!

Attention aussi à ne pas se contenter d’une pâle copie la web-série célèbre « Le voyageur du temps », car on en est très proche! Il faut trouver une spécificité qui rende ce projet unique.

Deux autres nouvelles pour l’atelier :

  • la mairie de Montagny-en-Vexin veut développer un vrai « pôle image ». Cinémacam sera mis à contribution – par exemple pour intervenir en milieu scolaire dans le cadre des TAP.
  • bientôt nous pourrons nous réunir à la médiathèque de Montagny, qui deviendra notre local. On peut y regarder des films et travailler sur des ordinateurs (par exemple à nos scénarios!). On aura également accès à la grande salle de danse juste en face, ainsi qu’aux alentours de la médiathèque à l’extérieur, si on veut faire des petites tournages.

Lors de la prochaine permanence nous parlerons entre autres du droit d’auteur de nos vidéos: à qui appartient les films que nous réalisons, et sous quelles licences nous diffusons nos œuvres. Vous verrez que ce n’est pas simple 🙂 Mais c’est important!

Et pour finir cet articles, quelques photos du très sympathique « après-midi Irlandais » organisé aujourd’hui par l’ACAM et où nous avons été filmer quelques images.

C’est sous une météo incroyablement agréable (on se serait cru en plein mois d’août!) qu’eut lieu aujourd’hui l’après-midi irlandais organisé par l’ACAM, et pendant lequel nous étions trois de l’atelier à filmer avec deux caméras.

Le groupe irlandais « Mc-Veigh Sisters » a animé cette après-midi avec beaucoup de fougue, entre musiques entraînantes et « Irish step dances » endiablées et pour un public nombreux et conquis. Un vrai succès!

(Bien sûr, bière irlandaise, Irish Cofee et petits gâteaux traditionnels n’étaient pas en reste!)

Capture-2014-10-19-21h31m09s86 Capture-2014-10-19-21h33m42s155 Capture-2014-10-19-21h39m07s104 Capture-2014-10-19-21h42m18s197 Capture-2014-10-19-21h55m16s82 Capture-2014-10-19-21h58m37s30 Capture-2014-10-19-22h00m30s149 Capture-2014-10-19-22h03m58s138 Capture-2014-10-19-22h04m34s247 Capture-2014-10-19-22h05m17s197 Capture-2014-10-19-22h05m30s67 Capture-2014-10-19-22h06m39s2 Capture-2014-10-19-22h08m04s56 Capture-2014-10-19-22h11m24s32 Capture-2014-10-19-22h15m48s101 Capture-2014-10-19-22h17m17s216 Capture-2014-10-19-22h19m29s11 Capture-2014-10-19-22h20m53s81 Capture-2014-10-19-22h21m13s36 Capture-2014-10-19-22h24m09s9 Capture-2014-10-19-22h26m18s251 Capture-2014-10-19-22h26m35s192 Capture-2014-10-19-22h29m05s144 Capture-2014-10-19-22h34m02s32 Capture-2014-10-19-22h52m10s168 Capture-2014-10-19-22h57m24s233 Capture-2014-10-19-22h58m14s235 Capture-2014-10-19-22h58m33s157

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑