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[A voir aussi: toutes les photos du week-end]

Et voilà, nous l’avions déjà fait l’an passé, nous l’avons refait cette année: un film en 48h 🙂

Le contexte, c’est le grand concours annuel international « 48h films project », qui a lieu dans plus de 130 villes du monde, dont pas moins de 9 en France, à des dates différentes. Le principe: lors de la soirée « kick-of » le vendredi soir vous tirez au sort un genre de film (tel que drame, science-fiction, film de potes, etc…) puis trois éléments sont imposés à tous les participants: un personnage, un objet et une ligne de dialogue. 48h plus tard vous devez rendre un film achevé, d’une durée comprise entre 4 et 7 minutes, du genre que vous avez tiré et contenant les éléments imposés. Autant dire que c’est un véritable marathon de cinéma et que le sommeil n’est guère une option pendant ce week-end là 🙂

Août

Au 48h, ce qui paie le plus est la préparation! On ne peut pas écrire de scénario au préalable bien entendu, mais on peut rassembler son équipe, trouver des acteurs et des lieux de tournage, réunir du matériel, organiser la logistique…

Ainsi, dès le mois d’août nous lançons un appel à acteurs et lieux de tournage: nous cherchons des personnes qui acceptent de bloquer pour nous la journée du samedi 26 septembre, date prévue pour le tournage, en ayant conscience qu’on ne saura si on a besoin d’eux, ou du lieu qu’ils proposent, que la veille au soir lors de l’écriture du scénario!

Plusieurs personnes, certains habitués et d’autres nouveaux, répondent à notre appel: on les remercie beaucoup, ceux qui seront choisis comme les autres! 🙂

Question acteurs nous avons plusieurs profils, dont un des acteurs pros qui avaient joué avec nous sur « L’homme du bureau » et qui veut bien tenter l’expérience des 48h avec nous, ainsi qu’un ami à lui, également acteur expérimenté, qu’il nous décrit comme « baraqué et avec une gueule » – tout un programme 🙂

Question lieu nous avons un village, plusieurs maisons dont une nous fait très envie suite à nos repérages, plusieurs jardins, une galerie d’art et une boutique à Gisors, l’atelier et la salle d’exposition d’un facteur et vendeur de piano ainsi que son arrière cours, véritable  « cimetière de piano »… Et puis un lieu dont qu’on n’est pas encore sûr d’avoir mais qu’on nous décrit comme un « champs de Jaguars » plein de carcasses de vieilles voitures, uniquement des Jaguars – l’ancien antre d’un collectionneur dont les véhicules prennent la poussière!

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Début septembre

A l’approche du week-end des 48h on s’organise. On révise le making-of de l’édition précédente et on en relit le bilan: des erreurs avaient été commises, il s’agit cette année de ne pas les renouveler! Essentiellement ces cinq points:

  • Soigner le scénario! Ne pas le rendre compliqué avec trop de personnages – même si ça implique de ne pas prendre tous les acteurs qui auraient voulu jouer avec nous. Mieux vaut un scénario simple, qui va à l’essentiel et qui porte une émotion, plutôt qu’un scénario compliqué qu’on aura du mal à maîtriser…
  • Pas trop de monde pendant la phase d’écriture du scénario! Pour être efficace et ne pas perdre du temps à résumer sans arrêt pour les nouveaux arrivants, il faut être peu nombreux et un minimum isolés.
  • Faire un découpage technique! Même si ça implique de prendre encore un peu plus de temps sur notre sommeil, c’est une nécessité. Un découpage qu’il faut prévoir simple, classique, car on n’a pas le temps d’être trop originaux: une suite de plans « master » (toute l’action et tous les personnages visibles sur le plan) et d’inserts de type gros plans ou champs/contre-champs.
  • Avoir un/une scripte sur le tournage! C’est un poste essentiel pour aller plus vite lors du dérushage puis au montage: grâce à ses rapports on sait déjà quelles prises sont utilisables ou non, et on évite de se perdre dans la continuité des plans.
  • Avoir un monteur sur le tournage! Une personne avec un ordinateur portable pour récupérer les cartes mémoires à intervalle régulier (attention à soigneusement gérer le roulement des cartes!), les sauvegarder sur plusieurs disques, les dérusher et synchroniser les prises. La plus grosse partie de ce boulot fastidieux sera ainsi déjà faite lors qu’arrivera l’heure du montage!

En plus de la préparation logistique (liste des courses à faire par chacun pour les victuailles, organisation des transports, du logement, etc… c’est qu’on commence à prendre des habitudes! :-)))  La semaine d’avant le tournage fut donc consacrée à choisir, préparer et briefer un monteur et une scripte, mais aussi à former de nouveaux arrivants à l’atelier Cinémacam, et constituer les équipes du tournage: réalisation, image, son, etc… Nous avions la chance d’avoir plusieurs personnes en renfort pour nous aider pendant le week-end!

Pour la scripte j’ai préparé des rapports à remplir. Chaque feuille dispose de place pour donner des informations sur le tournage d’un plan: informations techniques et résultat de chaque prise pour l’image, le son et la réalisation (jeu d’acteur). Voici à quoi ça ressemble:

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L’usage dans le cinéma professionnel veut qu’une prise pour laquelle l’image, le son et la réalisation sont tous trois OK (on dit alors qu’elle est « cerclée » car la scripte entoure son numéro d’un petit cercle) doit être doublée, c’est à dire répétée une deuxième fois à l’identique, par sécurité: on n’est censée passer au plan suivant que lorsqu’on a deux prises cerclées.

Vendredi 25 septembre, 16h

C’est vendredi 25 à 16h que nous partons vers Paris pour le kick-off! C’est qu’il ne faudrait pas arriver en retard, la cérémonie commence à 18h… Le trajet commence fort mal: nous devions être trois mais l’un d’entre nous est tombé malade, il a donc dû rester chez lui… Et sur la route voilà que nous sommes victimes d’un accrochage, heureusement bénin. Espérons que ce n’est pas de mauvaise augure! Heureusement nous arrivons juste à l’heure.

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Vendredi 18h

Comme l’an passé la grande salle des fêtes de la mairie du 15ème, qui accueille le kick-off, est noire de monde. Paris est la ville qui bat chaque année le record mondial du nombre de participants aux 48h! Nous apprendrons qu’il y a cette année 146 équipes sur les starting block.

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Une autre membre de l’atelier nous rejoint. Après les discours vient l’heure du tirage au sort. Notre réalisateur préféré aimerait beaucoup tirer le genre « film de potes », il nous promet même de chanter une chanson pour le making-of si ça arrive!

Pas de chance, on n’aura pas la chanson… 😀 Nous tirons le genre fantastique. Ouch! On se regarde et certains d’entre nous envisagent sérieusement de prendre un joker: comment faire du fantastique avec les moyens Cinémacam, c’est à dire budget zéro et sans aucune expérience en effets spéciaux?!

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Puis l’énoncé des éléments imposés nous coupe dans nos réflexions. Personnage: Ulysse ou Zoé Saladin, collectionneur/euse ; Objet: une roue ; Phrase de dialogue: « Crois moi ou pas, c’est la vérité ».

Et là ça fait *tilt*! Si nous parvenons à avoir ce lieu dit du « champs de Jaguars », alors tout se goupille superbement: un collectionneur de voitures dont la collection tient du cimetière… des roues de voitures… une vérité difficile à croire… Bref toutes les conditions sont réunies pour trouver un bon scénario fantastique!

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Vendredi 19h30 / H-48h

Du coup oublié le Joker! Je me précipite sur mon téléphone pour essayer d’obtenir enfin l’autorisation pour le « champs des Jaguars »: par chance j’arrive à obtenir la bonne personne et… ouf c’est OK, on peut y tourner le lendemain!

Nous reprenons la route avec excitation, plein d’idées qui fusent et que nous notons tant bien que mal! Petit à petit se dessine une histoire de fantômes: la meilleurs solution pour un film fantastique sans effets spéciaux ou presque, puisqu’un fantôme peut tout simplement avoir forme humaine! Nous imaginons une collection de voitures hantées, un sorcier retenant prisonnier des âmes dans de vieilles voitures, un sérial-killer magicien qui retient les âmes de ceux qu’il assassine, etc… etc… etc… Un véritable brainstorming sur le chemin du retour!

Vendredi 21h / H-46h30

Nous nous rendons compte que nous prenons un sérieux risque: aucun d’entre nous n’a jamais vu ce « champs des jaguars » où nous prévoyons de tourner, nous n’en n’avons qu’une description faite par une amie. Nous partons donc un peu à l’aveugle, sans repérages… En arrivant nous décidons de faire un petit crochet sur le lieu de tournage histoire de mieux nous rendre compte mais pas de chance, l’endroit est entouré de hautes haies derrière un grand grillage, impossible de voir à l’intérieur. Bon.. bah, que la chance soit avec nous! 🙂

Nous rentrons donc manger une pizza et travailler sur le scénario avec plusieurs autres personnes qui nous rejoignent (un jeune de l’atelier, la scripte qui a besoin de bien s’imprégner du scénario, deux personnes pour la logistique et les acteurs que j’héberge chez moi).

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Peu à peu, au fil de la soirée, nous parvenons finalement à épurer notre histoire pour la rendre plus simple, peut-être plus humaine, mais du coup plus solide et maîtrisable – au prix de la suppression de plusieurs personnages et donc de quelques acteurs qui auraient pourtant bien voulu jouer avec nous. Il faut parfois savoir faire quelques sacrifices! Le fantastique est bien là mais il n’est plus qu’un prétexte pour raconter, symboliquement, la difficulté de faire son deuil: c’est l’histoire d’un homme qui retient les fantômes de son passé, et d’un enfant qui va l’aider à s’en libérer.

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Le personnage principal est celui qui a été imposé pour le concours – Ulysse Saladin, collectionneur de vieilles voitures pleines de fantômes! 😉 Nous décidons qu’il sera joué par l’acteur « baraqué avec une gueule » venu nous rejoindre pour l’occasion. L’enfant sera joué par un jeune acteur très prometteur, qui a souvent travaillé avec nous et avec notre réalisateur préféré, et qui s’améliore à chaque film! Il y a quatre fantômes: les parents d’Ulysse, sa petite soeur et son ami d’enfance. La famille sera jouée par des acteurs qui ont déjà travaillé avec nous plusieurs fois – dont la jeune fille très talentueuse de notre film « Non, rien », et l’ami d’enfance par un jeune homme avec qui nous travaillons pour la première fois.

Samedi 4h30 / H-39h

Après 9h de travail nous achevons enfin l’écriture du scénario et des dialogues! Dans à peine 3h30 toute l’équipe va débarquer pour le tournage, et nous n’avons pas encore pris de repos… Pourtant il est nécessaire d’écrire un découpage technique, car ça nous a beaucoup manqué l’an passé! Nous nous attelons donc à la tâche, renonçant presque définitivement au sommeil 🙂 Nous ne sommes plus que trois survivants à travailler, les autres n’ont pas résisté aux bras de Morphée!

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Nous optons pour un découpage simple et classique, écrit à la main: une succession de plans maîtres (master, plan qui montre toute l’action) et de plans d’insert (gros plans, champs/contre-champs, etc…). Nous annotons également le scénario en regard du découpage pour nous aider à repérer l’étendu des plans par rapport à l’action. Nous nous payons même le luxe de petits dessins storyboard – le tout sans avoir encore vu le lieu de tournage, je le rappelle – nous travaillons donc sur des conjectures! Nous aimons prendre des risques 🙂

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Enfin, nous prenons un peu de repos… à 5h50 du matin, deux heures avant l’heure de rendez-vous pour le tournage! Autant dire que nous ne dormirons que très symboliquement 🙂

Samedi 8h / H-33h30

Après quelques cafés bien corsés pour émerger d’un très court repos, toute l’équipe nous rejoint. Nous leur faisons une lecture du scénario, qu’ils découvrent à peine. les réactions sont positives, ouf: nos acteurs adhèrent à l’histoire!

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Puis nous prenons la route, direction le lieu de tournage où nous avons rendez-vous avec le propriétaire à 9h.

Samedi 10h / H-31h30

On piétine un peu… Nos réactions ont été mitigées face au lieu de tournage: nous nous attendions à plus impressionnant d’après ce qui nous avait été « vendu ». L’endroit vraiment impressionnant est un garage juste à côté, rempli de dizaines de Jaguar qui prennent doucement la poussière – mais là le proprio ne préfères pas nous laisser tourner. A l’extérieur il y a toutefois quelques voitures très sympas, mais elles sont peu nombreuses.

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Nous devons choisir celle de nos fantômes: Nous optons d’abord pour une aux couleurs noires située en plein centre du jardin car les autres sont envahies d’une végétation très humide (nos pieds sont trempés!) et nous commençons à l’aménager pour le film… puis nous changeons d’avis car la grise sur le côté est quand même bien plus « classe » et le régisseur en chef part chercher une débroussailleuse.

Heureusement nous pouvons disposer deux autres Jaguar dans le jardin: une appartenant à un de nos acteurs et qui est venu avec (tout à fait par hasard en plus, une coïncidence très amusante! :-)), l’autre nommé » la « zingo-jaguar » est une voiture dont la carrosserie a été entièrement zinguée par l’article Pascal Catry et que le propriétaire va gentiment nous chercher! On peut donc remplir de manière satisfaisante le décors et le champs de la caméra.

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Mais en attendant jaguar et débroussailleuse, nous piétinons… Afin de ne pas laisser perdre les précieuses minutes qui s’écoulent,  nous travaillons les premières séquences avec les acteurs, afin de trouver le ton le plus juste possible avant de lancer la machine du tournage.

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Samedi 11h / H-30h30

Après deux heures passées à attendre et répéter, enfin le premier clap peut retentir: le tournage commence! Comme chaque fois le début est un peu laborieux et les prises sont souvent répétées: il faut mettre les rouages en place, trouver la bonne synergie, laisser les nouveaux s’habituer et trouver leur place…

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Mais bon, vaille que vaille, on avance! les acteurs supportent avec patience les long moments d’attente pendant que nous préparons les plans – surtout quand ils doivent s’écraser dans la voiture délabrée pendant toute la prise juste pour faire une apparition fantomatique en fin de plan!

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En fin de matinée, sur six séquences que comporte notre scénario, nous n’en n’avons tourné qu’une… Ce n’est donc pas sans une certaine inquiétude que nous voyons la journée avancer: nous avons pris beaucoup de retard ce matin! Nous ne nous accordons donc qu’un très courte pause déjeuner avant de repartir de plus belle.

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Samedi 14h30 / H-29h

Cette fois il faut aller vite, être très carrés. J’endosse le rôle pas très agréable de l’assistant réalisateur pressé par le temps, quitte à brusquer un peu les gens par moment (mais je m’en excuse après coup!). On n’a pas le choix: il faut avancer, que chacun reste concentré sur le film, et qu’on enchaîne les (bonnes!) prises. Il faut parfois se battre contre les « éléments »: des bruits de tondeuse, une voisine inquiète qu’on tourne devant son garage (sur ce genre de problème il faut toujours agir avec beaucoup de diplomatie, ça prend du temps…), des bruits d’avion ou de de train, un soleil qui joue à cache-cache avec les nuages et n’est pas toujours raccord d’une prise à l’autre… bref le grand classique sur un tournage! 🙂

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Mais ça marche! On enchaîne parfois plusieurs plans de suite avec une seule bonne prise (qu’on devrait doubler par sécurité, mais on manque de temps…), les acteurs font un travail formidable tout comme l’équipe technique: le son, l’image, la scripte et ses rapports soignés, le monteur et ses dérushages et synchro en direct, la régie et ses acrobaties pour nous cacher le soleil avec un parasol… Et tout ça dans la bonne humeur malgré un certain stress. Une mention spéciale à un nouveau qui vient de nous rejoindre à l’atelier et dont c’est le premier tournage: âgé de 12 ans seulement il est le plus jeune de l’atelier mais il s’implique à fond sur le tournage, présent sur tous les fronts (ingénieur son, making-of, décors, régie…) et toujours avec beaucoup d’efficacité, de motivation et de bonne humeur. Il nous a tous impressionné, bravo! 🙂

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Les acteurs nous donnent quelques morceaux d’anthologie avec une énergie incroyable. On retient la force brute d’un « VOS GUEULES LA DEDANS! » de la part de l’acteur jouant Ulysse, qui  nous surprend tellement la première fois qu’on en rate la prise, elle se termine en fou rire 😀 On retient aussi l’incroyable énergie de la prise de bec entre les fantômes dans la voiture, qui nous prend de court: on ne s’attendait pas à une telle montée en puissance surtout de la part des acteurs non expérimentés. La aussi on termine plusieurs prises dans des fou-rires incontrôlables 🙂 Mais on retient aussi de très belles séquences d’émotion entre tous les acteurs dans les séquences finales.

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Bref on est super content de la prestation de nos acteurs: ils nous donnent là un matériau formidable pour construire le film! C’est là aussi qu’on mesure le chemin parcouru par Cinémacam dans la direction d’acteur depuis nos tous premiers films… Nous pouvons être fiers de nous! 🙂

Une petite frayeur vient ternir quelques instants la bonne humeur générale: une carte mémoire qui a mal fonctionné, plusieurs prises perdues au son… C’est là que nous nous félicitons d’avoir mis en place, suite aux ennuis de l’an passé, un système de rotation de cartes mémoire, de sauvegarde régulière et de dérushage en plein tournage avec un monteur affecté toute la journée à ce travail. Ainsi nous n’avons perdu qu’un peu plus d’une heure de travail et non pas toute une journée… Qui plus est, par chance la plupart des plans concernés sont sans dialogues, plus un insert pour lequel nous avions tourné un master en contre-champs. Nous décidons donc de refaire une prise son seule pour les plans sans dialogue (bruits de pas, bruit d’une clé manipulée sur un capot de voiture…) et que nous jouerons sur les champs/contre champs et la prise son du master pour l’insert.

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Malgré la bonne marche du tournage, le temps nous manque… Nous décidons donc d’annuler « à la volée » plusieurs inserts qui étaient prévus au découpage. Là encore on se félicite d’avoir pris le temps de faire le découpage la veille (enfin, plutôt, le matin même! :-)) et de l’avoir fait de manière très carrée, en assurant un master à chaque plan. Il nous est donc facile de supprimer quelques inserts non indispensables pour gagner du temps, sans pour autant avoir à craindre qu’il ne nous manque des choses ensuite au montage.

Bref, les leçons tirées de l’an passé auront vraiment été payantes cette année pour éviter de nouvelles catastrophes!

Samedi 18h30 / H-25h

La fin de la journée de tournage est une véritable course contre la montre, et contre le soleil… On se croirait dans le Dracula de Coppola!  A cette heure ci la nuit tombe très vite or tout notre film est censé se dérouler de jour. les dernières prises se font donc tambour battant, plus le temps de rire ou de fignoler. Pour mettre en place un plan sur plusieurs niveaux en profondeur je dois courir entre les positions des acteurs pour leur expliquer les déplacements! Ils se plient de bonne grâce à cette accélération du tempo, d’autant plus qu’il commence à faire froid et que tous ne sont pas habillés très chaudement! 🙂

Pourtant, cette course contre le soleil, malgré nos efforts, nous la perdons… De peu, mais nous la perdons: nous devons tourner les tous derniers plans – qui sont situés vers le début du film, donc censé être en plein jour – dans une certaine obscurité et sous les lumières de réverbères qui viennent de s’allumer… On se demande donc comment diable on arrivera à faire passer ça… Ou bien s’il y aura moyen de supprimer complètement cette séquence sans trop mettre à mal la narration! Ou encore si on pourra tourner un peu plus le lendemain, mais ça semble mort côté disponibilité du jeune acteur…

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Samedi 19h30 / H-24h

A un jour pil-poil de l’échéance nous terminons le tournage! Modulo les derniers plans tournés dont on ne sait pas s’ils seront utilisables, le reste est dans la boîte. Nous savons la plus grosse partie du dérushage déjà fait par notre monteur, nous nous payons donc le luxe d’un temps de détente autour d’un grand plat de pâtes à la crème et au jambon mijoté par nos régisseurs aux petits soins pour nous 🙂

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Samedi 22h00 / H-21h30

Entre le repas, les au revoir aux acteurs qui s’en vont, les discussions, la fatigue et notre confiance dans le fait que le montage sera rapide car on a bien préparé en amont (découpage bien défini, pré-dérushages sur le tournage, rapport scriptes…), on met pas mal de temps à revenir au turbin. La suite montrera qu’on aurait dû se sentir un peu plus pressés, quand même…  Notre objectif est d’arriver à un premier ours (montage grossier pour voir le rythme) dans la nuit, de prendre quelques heures de sommeil puis de terminer le lendemain. Nous sommes trop optimistes: dans les faits, le premier ours ne sera prêt qu’à 8h du matin le lendemain!!

Pendant toute la nuit nous travaillons d’abords à plusieurs, puis à deux, enfin chacun relayant l’autre. Ainsi nous pouvons œuvrer toute la nuit sans discontinuer tout en prenant trois heures de sommeil chacun son tour. Heureusement, il y a du café, des bananes et du jus d’orange, indispensable à notre survie!

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Dimanche 8h00 / H-11h30

Au matin nous nous retrouvons enfin avec un ours acceptable. Certains passages nous ont donné du fil à retordre: problèmes de raccords, synchronisation de prises de son seul sur des images enregistrées à part, parvenir à rendre convainquant nos « effets spéciaux » très cheap (apparitions/disparition des fantômes), etc… Mais nous en sommes venus à bout!

Reste le problème de la scène tournée de nuit… Nous ne trouvons aucune solution acceptable. En désespoir de cause nous rappelons la famille de l’acteur et… ho miracle, il est finalement disponible! Ni une, ni deux nous embarquons une caméra et du matériel son dans la voiture et nous allons vite re-tourner les plans problématiques dans la rue en face de chez lui!

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Dimanche 11h00 / H-8h30

De retour avec les dernières images et sons nous avons le plaisir d’être accueillis par d’excellentes viennoiseries achetées par le seul membre de l’équipe régie encore sur le pont, toujours aux petits soins pour nous – il enchaînera ensuite pour nous préparer le déjeuner! 🙂 De quoi nous redonner une bonne dose d’énergie car la fatigue commence à nous handicaper sérieusement!

D’autres membres de l’équipe viennent nous soutenir et nous donner leur avis sur notre montage. Important et précieux car nous sommes un peu le nez dedans à ne pas arrêter depuis la veille 22h…

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Vers midi le compositeur vient voir à son tour les images et nous lui donnons nos instructions. Pendant que nous commençons l’étalonnage il va travailler devant son piano: une heure plus tard il est prêt, nous partons donc pour l’enregistrer!

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Enfin nous avons tous les éléments pour terminer le film! Le mixage nous pose de sérieux problèmes: nous nous rendons compte que nous n’avons pas été assez attentifs dans les prises sonores! Nous avons fait l’erreur de ne pas vérifier le gain d’entrée avant chaque prise, qui plus est nous n’avons pas été assez proches avec la perche sur certains plans larges.  Nous aurions dû poser un micro-cravate sur les acteurs au moins à deux reprises… Ainsi nous nous retrouvons avec des passages où le volume des paroles est faible, trop faible! Pas raccord et pas très « pro »… Il y aurait moyen de corriger ça en grande partie en augmentant le volume et diminuant le bruit de fond mais c’est un processus long et compliqué or nous n’avons plus le temps! Nous laissons donc passer, tant pis… On fera mieux la prochaine fois. Et on se promet, bien entendu, de produire plus tard une version « director’s cut » finalisée sur ces aspects.

Dimanche 16h00 / H-3h30

L’heure H approche, il est temps d’écrire les génériques et d’effectuer le rendu final. Le film nous plaît: certes nous ne pouvons pas ne pas voir les petits défauts sur le son ou l’image (mise au point, raccords à l’étalonnage…) mais les ingrédients principaux sont là et bien là: un bon scénario, de bons dialogues, de bons acteurs, du rythme et une belle émotion qui s’en dégage!

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Dimanche 17h00 / H-2h30

Nous partons pour Paris pour rendre notre film sur deux clés USB! Nous nous étions assuré que notre chauffeur ait dormi la veille, pas comme nous qui sommes proches de la syncope 🙂 D’ailleurs nous dormons le plus clair du trajet…

Dimanche 18h30 / H-1h

Ça devient une tradition: comme l’an passé nous rendons le film dans les premiers, avec une bonne heure d’avance 🙂 C’est qu’il fallait assurer une bonne marge de sécurité en cas d’embouteillages… Surtout que c’était « jour sans voiture » à Paris, ce qui ne nous a pas facilité les choses. Pas qu’un jour sans voitures ne soit pas une bonne chose en soit, attention, mais juste là ça tombait très mal pour nous 😀

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Comme l’an passé, soulagés, nous allons prendre un petit verre en attendant le décompte final.

Dimanche 19h30 / heure H !

Et voilà, le compte à rebours se termine sous une ambiance électrique dans la grande salle des fêtes de la mairie du XVeme! Ca n’a pas été la joie pour tout le monde. Certaines équipes sont arrivées dans les toutes dernières secondes pour rendre leur film. Beaucoup continuaient à travailler sur leur ordinateur portable pendant le décompte final. Pour certains, ça ne l’a pas fait…

Au final on nous annonce que sur les 146 participant, 112 films sont finalement en compétition! Il y a donc 34 équipes qui n’ont pas réussi à rendre leur film à temps. Mais pour nous, c’est bon! 🙂

La suite ce sera mi-octobre pour les projections publiques au cinéma Grand Action dans le 5ième – je donnerais ici les dates de passage de notre film, si vous voulez venir le soutenir et voter pour lui (prix du public)! Suite à quoi, nous pourrons enfin vous montrer le film sur Youtube et ici sur le blog 🙂

Conclusion

Pour la deuxième fois nous avons réalisé un film en 48h. Et cette fois sans catastrophe, presque tranquillement! 🙂 Une très belle expérience qui se termine!

Un immense merci à tous les participants pour leur motivation, leur implication et leur bonne humeur, notamment ceux qui participaient pour la première fois à un film avec Cinémacam. Un grand merci aussi à tous ceux qui nous ont aidé de prêt ou de loin: ceux qui nous ont prêté du matériel ou simplement des draps pour l’hébergement des acteurs, ceux qui ont bloqué leur samedi pour nous et que nous n’avons finalement pas choisi, ainsi que ceux qui auraient bien voulu participer mais que les circonstances ont empêché.

Surtout une pensée spéciale à C, un membre de l’atelier que nous avions surnommé « bras frèles » l’an dernier, et qui aurait beaucoup aimé être avec nous… On a pensé à lui très fort!

On remet ça l’an prochain! 🙂

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La clé des âmes

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