Après le récit de notre week-end épique (à lire ici) en voici le bilan!

Je ne ferais pas dans cet article le bilan, disons, artistique de notre film « Souvenirs de famille » lui-même car je préfères attendre de pouvoir vous le montrer, c’est à dire pas avant la diffusion au cinéma (sous peine de risquer la disqualification!). D’ailleurs, pour ceux que ça intéresse, les films en et hors compétitions réalisés dans le cadre des 48h films project de Paris, le notre compris donc, seront tous diffusés au cinéma Action Christine à Paris (4 rue Christine, 6ième arrondissement) entre le 9 et le 12 octobre. Le staff des 48h nous préviendra des séances auxquels sera diffusé le notre – je communiquerais l’info ici et sur Facebook.

Je me contenterais donc d’un bilan technique et organisationnel et d’un bilan humain! C’est déjà pas mal 🙂

Bilan technique et organisationnel

Pour une première fois à ce concours, on s’y est plutôt bien pris!

Les points positifs:

  • Nous avons commencé l’organisation bien en amont, en faisant un appel à acteurs bénévoles auprès de nos proches et nos connaissances, avec un bon relais sur les réseaux sociaux.
  • Toute la logistique (transport, hébergement, nourriture…) a été préparée en amont et déléguée pendant le week-end à des volontaire ne s’occupant que de celà – ce qui a permis à l’équipe technique comme aux acteurs de ne pas avoir à s’en préoccuper.
  • Penser à un chauffeur pour nos déplacements vers Paris était notamment une très bonne idée, que ce soit pour revenir du kick-off (on a ainsi pu commencer le travail dans la voiture) ou pour se rendre au drop-off (vu l’état de fatigue des troupes, la sécurité nous imposait un chauffeur en forme!)
  • Nous avons su palier à l’absence de budget en faisant participer un peu tout le monde à la nourriture et au matériel. On s’est même retrouvé, au final, avec bien trop de victuailles pour le week-end! Un vrai travail associatif et bénévole. Je remercie, au passage, ceux qui m’ont un peu forcé là main la dessus car je l’avoue, je n’y croyais pas trop et je me trompais! 😉
  • La station principale de montage a été préparée à l’avance: projet dans première, intro imposée par les 48h, répertoires de travail… Le moment venu il a suffit d’importer les données et le travail de dérushage puis montage pouvait commencer directement!

Les points à améliorer:

  • Nous tenions à être nombreux au kick-off, mais en réalité c’était inutile. Il suffirait d’y déléguer quelqu’un, par exemple un ami travaillant à Paris, qui nous informerait des tirages et des éléments imposés en direct au téléphone. Nous aurions ainsi pu commencer tout de suite le travail du scénario sur place, avec les outils bureautiques, au lieu de commencer dans les conditions précaires de la voiture! Celà dit, ce point se discute: l’atmosphère incroyable d’émulation lors du Kick-off donne tout de même une impulsion très intéressante.

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  • La task force scénario doit absolument être réduite à 3 ou 4 personnes grand maximum, et travailler dans un environnement isolé sans être dérangée par les aller et venues. Nous avons travaillé en brain storming avec plein de personnes passant nous aider dans la soirée, ce qui nous a certes donné de bonnes idées, mais ça nous a aussi fait perdre beaucoup de temps – pour expliquer et ré-expliquer nos idées a chaque nouvel arrivant, ou parceque l’équipe se dissipait facilement. Résultat: nous n’avons pas eu le temps de réaliser un storyboard, même pas un découpage technique, ce qui nous a énormément handicapé pendant le tournage! Processus à améliorer, donc.

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  • Le dérushage prend un temps fou et précieux. Nous devrions l’effectuer en même temps que le tournage, un monteur étant chargé de le faire sur une station (a priori portable, pour qu’il soit avec nous sur le lieu de tournage) avec des données sorties des caméras et micros régulièrement (par exemple toutes les heures). Il pourrait également commencer un pré-montage, toujours en parallèle du tournage. Et bien entendu, il se chargerait d’une copie de sauvegarde. Nous gagnerions ainsi un temps précieux – et nous éviterions par la même occasion le risque de perdre des données!
  • Il faut trouver des méthodes plus pratiques et efficaces pour travailler de façon partagée sur notre logiciel de montage. Celles que nous avons testé ont bien fonctionné, mais elle sont à optimiser. Il semble que la dernière version (nous avons l’avant-dernière) intègre des fonctions de travail partagé sur plusieurs stations, il faudra voir si on peut tester ça un de ces jours.
  • Nous avions à notre disposition un ordinateur portable qui pouvait servir de station de montage supplémentaire pour fignoler le montage pendant le déplacement vers le drop-off. Nous aurions pu mettre sur clé USB une première version du film, par sécurité, et finaliser pendant les 2h de transport et la dernière heure sur place. Ça nous aurait permis d’évacuer certains défauts que nous n’avons vraiment pas eu le temps de corriger… Si on le fait l’an prochain, penser à s’équiper d’un chargeur d’ordinateur pour voiture afin de ne pas avoir à chercher désespérément une prise libre sur place, elles sont chères!!
  • Il nous a manqué une personne à la réalisation. En effet, nous étions trois pour assurer le travail de cinq personnes: Réalisateur, co-réalisateur, 1er assistant, 2ième assistant et script. Co-réalisateur et assistant, ça se fait sans trop de problème: ce sont les rôles que j’ai joué moi. Mais assistant réalisateur et script là ça devient très difficile: la personne s’étant chargé de ces deux tâche a fait un travail absolument formidable mais extrêmement épuisant et stressant, exigeant une attention de tous les instants. Il aurait sans doute bien aimé pouvoir se reposer sur un collègue par moment, comme ont pu le faire les réalisateurs! Il faudra y songer l’an prochain. A noter que l’absence de découpage technique et de storyboard a beaucoup amplifié ces difficultés…

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Bilan humain

Ce week-end fut aussi une belle expérience humaine. Travail en équipe, partage des joies et des coup durs, gestion humaine de l’ensemble de l’équipe… Mais pour tout un chacun ce fut aussi une occasion d’éprouver ses limites physique et psychiques, de connaitre un grand nombre d’émotions contradictoires et de s’efforcer d’y faire face!

L’un des grands enseignements fut la notion de responsabilité collective. Il eut été facile de blâmer la personne par qui la catastrophe du samedi soir est arrivée (perte de toutes les images tournées dans la journée suite à une fausse manœuvre). Mais c’eut été une faute car la véritable erreur, ici, se situait dans notre organisation. Nous mettions tous nos œufs dans le même panier: nous enregistrions tout sur une unique carte mémoire sans jamais prendre la peine de faire une copie de sauvegarde! La catastrophe était dès lors inévitable, un jour ou l’autre: c’est par manque de chance qu’elle soit survenue pile au mauvais moment et de cette façon là… L’élément déclencheur aurait pu être tout autre: carte défectueuse, carte qui tombe par terre dans la précipitation et quelqu’un marche dessus sans le faire exprès, etc… Quand au technicien par qui c’est arrivé, il s’en est voulu déjà bien trop lui-même pendant tout le reste du week-end!

Un autre enseignement fut la persévérance… Il faut continuer coûte que coûte, même si tout semble perdu… car il reste toujours un peu d’espoir! Pas toujours facile de surmonter une déception et de continuer dans l’incertitude, surtout quand tout marchait si bien à peine quelques minutes auparavant…

Les points positifs:

  • le travail à deux co-réalisateur a bien payé! Etre aux commande d’un tournage c’est épuisant, physiquement et moralement. Lorsqu’on a des passages à vide c’est bien de pouvoir trouver un relais de confiance pour prendre la direction des opération pendant qu’on souffle un peu.
  • Le travail en deux équipes de monteurs travaillant en parallèle a payé également, surtout quand il s’est agit de rattraper un retard considérable dû à la perte de nos données. Par station: un monteur et un assistant pour le seconder, donner des idées, repérer des erreurs. Un peu d’appréhension, au début, car il faut déléguer une partie du travail et donc faire confiance aux autres… C’est la première fois, par exemple, que l’un des nouveaux membres de Cinémacam, qui nous a rejoint cet été, travaillait sur un montage avec nous. Et bien ça a super bien roulé! 🙂 Méthode de travail à reproduire!

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  • toute l’équipe a été formidable pendant l’ensemble du week-end: bonne humeur permanente, implication de tous à tout même, même des plus jeunes et malgré le stress et la fatigue! Même lors du coup dur du samedi soir il s’est trouvé des gens pour soutenir ceux qui commençaient à se décourager. Bref, une équipe gagnante à tous points de vue!

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  • on a eu un formidable soutien de gens extérieurs à l’atelier: les acteurs bien sûr, mais aussi les chargés de logistique, la mère d’un acteur qui a été jusqu’à Vernon chercher la Olds Mobile – et surtout notre informaticien sauveur qui a passé une nuit presque blanche à récupérer nos données! Leur implication a été d’une très aide précieuse.

Points à améliorer:

… d’un point de vue humain, franchement, je n’en vois pas! 🙂 Il faudra reproduire l’an prochain le même esprit que cette année: ça plus les amélioration techniques et organisationnelles devrait nous faire faire des miracles!

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