Cinémacam sort d’un week-end de folie 🙂 Nous avons participé au concours international « 48h films project« , édition de Paris 2014.

Cet article est un simple récit du week-end en forme de journal illustré. Dans les prochains jours, j’écrirais un article plus de fond pour faire le bilan technique, artistique, moral et humain de cette belle aventure!

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Le principe: on doit réaliser un film en 48h chrono! On nous donne un genre (tiré au sort parmi une liste connue à l’avance) et trois éléments imposés: un personnage, un objet et une ligne de dialogue. 48h plus tard, et pas une seconde de plus (il y a un décompte officiel), nous devons rendre (sur support physique) un film d’une durée comprise entre 4 et 7 minutes (hors générique), du genre tiré au sort et intégrant les trois éléments imposés. Nous devons également signer une déclaration sur l’honneur comme quoi aucun élément du film (scénario, images, etc…) n’a été réalisé avant le démarrage du concours.

Ce concours est né en 2001 aux USA, à Washington DC, créé par un groupe d’amis cinéastes qui s’étaient posé le défi de réaliser un film en 48h. Aujourd’hui il est organisé tous les ans dans 120 villes à travers le monde entier, suivi d’une grande finale aux USA où les gagnants de chaque ville viennent défendre leur film.

Voici le récit de cette grande aventure du côté de Cinémacam 🙂

16 Juillet 2014

Depuis un moment M, le réalisateur de nos films « Moi, handicapé » et « Nino à Gisors », me parle régulièrement de films réalisés aux « 48h films project ». Je me renseigne un peu et je me dis: pourquoi ne pas essayer! Une idée folle, ambitieuse pour notre petit atelier amateur, mais enthousiasmante. J’en parle à M qui est plus que partant: nous prospectons autour de nous, voir si nous serions susceptibles de former une équipe et de trouver des acteurs. Ca s’annonce plutôt bien alors j’inscris l’atelier: l’aventure commence!

Août – début septembre 2014

Nous constituons une liste de personnes qui acceptent de bloquer leur samedi 27 septembre sur leur calendrier, au cas où nous aurions besoin d’eux pour jouer ou figurer dans le film. Sachant qu’ils ne seront prévenus que la veille très tard, voir le matin même – parce que le scénario ne pourra être écrit que le vendredi 26 après 19h30! L’équipe technique, elle, est toute trouvée: ce seront les membres de l’atelier. Nous réunissons ainsi une bonne 20 aine de personnes d’un peu tous les âges et tous les sexes – plus elle est variée, moins nous serons limité par le type d’acteur disponible lors de l’écriture du scénario. Les familles des membres de l’atelier sont avec nous: deux d’entre elles se proposent d’emblée d’assurer la logistique pendant le tournage. Dans les fait, ce seront cinq familles qui nous aideront! Enfin, nous trouvons un musicien pour assurer la bande originale du film.

Samedi 20 septembre

Réunion de préparation pour l’équipe technique et logistique. Nous formons des sous-équipes  pour chaque phase de la réalisation: ceux qui se déplacent à Paris pour le kick-off, l’équipe scénario, l’équipe tournage (les rôles sont distribués) et l’équipe montage. Nous organisons le ravitaillement (l’atelier n’ayant pas d’argent et pas de budget, nous faisons des listes de ravitaillement à acheter ou apporter par chacun). les éventuels déplacements sur les lieux de tournage, l’hébergement des uns et des autres pendant le week-end (chez moi essentiellement, car c’est là que se feront scénario et montage), le matériel dont nous aurons besoin (matériel vidéo, imprimante, bureautique pour le travail du scénario, stations de montage, piles de rechange, etc…) et nous révisons le planning que j’avais préalablement déterminé.

Le planning se résume très simplement: vendredi soir et nuit, écriture du scénario et du storyboard; samedi tournage toute la journée; samedi soir et nuit puis dimanche matin montage, musique et post-prod. Nous visons le dimanche 14h30 pour la fin de la réalisation, afin de nous laisser une marge de sécurité et de tenir compte de la circulation (nous habitons loin de Paris!).

Nous révisons la liste des genres, discutant pour savoir si certains nous feraient préférer prendre le joker. Trois en particulier nous font peur: « Film de femme », « Romance » pour la liste principale, « Film animalier » pour la liste Joker. Enfin, nous prenons des décisions importantes: aller au plus simple, ne pas chercher de scénario compliqué, ne pas partir sur des traitement lourds d’images ou de son, travailler en lumière naturelle pour éviter de perdre un temps précieux sur les éclairages. Heureusement, la météo s’annonce bonne (mais nous garderons un oeil dessus jusqu’au dernier jour!)

Sans faire de pub, pour l’organisation et la centralisation des informations, un très célèbre logiciel tableur nous a bien aidé! 😉

Sans titre

Semaine du 20 au 26 septembre

J’essaie au maximum de réunir l’ensemble du matériel et de la nourriture, apportés par les uns et les autres, pour le jeudi soir. Mes soirées sont bien occupées par des déplacements de-ci, de-là, dont la préparation des stations de montage (mon PC et celui d’un des membres de l’atelier).

Une bonne nouvelle: des amis des M. nous prêtent un slider bien pratique (nous préférons ne pas utiliser notre dolly « Petite Ours », un peu trop encombrante et longue à régler pour une journée de tournage qui doit être menée tambour battant!) et surtout un objectif Canon EF 24-105 mm f/4, de loin le meilleurs dont nous ayons disposé jusqu’ici!

Ainsi, le jeudi soir, presque tout être prêt pour la grande aventure!

Vendredi 26, 15h

C’est le départ pour Paris! Il faut être à 18h00 à la mairie du 15ième pour le kick-off. On a pris de l’avance car c’est loin et la circulation est mauvaise le vendredi en fin d’après-midi. Le parcours nous fait faire une jolie petite visite des monuments parisiens, mais aussi d’un bar où nous patientons car la chance fut avec nous et aucun embouteillage ne nous a retardé!

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Vendredi, 18h

Dans la superbe salle des fêtes de la mairie du 15ième l’ambiance est électrique et très stimulante! Il y a un monde fou: 173 équipes sont représentées. Il faut faire la queue pour aller tirer son genre de film au sort – ce qui nous permet de constater que M. est sans doute le réalisateur le plus jeune de la compétition!

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Nous avons tiré le genre « Fish out of water » ce qui nous plaît à tous: il ouvre beaucoup de possibilités et ne présente pas de difficulté impondérable inhérente au genre. On est content 🙂 Les idées commencent à fuser, mais sans les éléments imposés, difficile de partir vraiment dans une direction donnée… Il faut encore patienter quelques minutes 🙂

Vendredi, 19h30 / H-48h

Il faut encore attendre un moment, que tout le monde soit passé, avant qu’on ne nous communique les trois éléments imposés, que voici:

Personnage: Agathe ou Arthur Percier, professeur des écoles

Objet: un souvenir touristique

Ligne de dialogue: « Comment tu sais ça? »

C’est alors le démarrage officiel du concours: notre film doit être rendu dimanche à 19h30 dernier carat!

Nous reprenons la voiture avec un ami qui nous a rejoint après sa journée de travail et s’est proposé de nous servir de chauffeur: nous pouvons ainsi commencer le travail pendant le (long) trajet de retour à Montagny.

Une idée se dessine peu à peu: une femme bourgeoise tombée en panne en rase campagne se voit dans l’obligation de demander de l’aide au premier village venu. Elle tombe sur une famille excentrique et artistique, limite bizarre et angoissante (dont la fameuse Agathe Percier, professeur des écoles et dépressive) qui vont tous vouloir absolument lui offrir un cadeau, un petit souvenir de la région mais aussi d’eux-même… Les acteurs dont on a besoin se précisent, ainsi que le lieu du tournage (un maison d’artiste idéale pour ce scénario!)

Vendredi, 21h30 / H-46h

Retour chez moi à Montagny, notre centre névralgique pour tout le week-end. La task force scénario se met en place, bientôt rejoint par les équipes logistiques chargées de nous faire à dîner, mais aussi des amis qui nous apportent idées et soutien.

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Les personnages se précisent: il y en aura sept, leur personnalité, leur caractère, leurs relations, ce que le film doit révéler de chacun. Un ami nous donne l’idée de la chute. Nous discutons du déroulé, des justification de chaque événement ou de chaque action, nous tentons de débusquer les incohérences et de les corriger. Nous passons un moment à écrire les dialogues, surtout les répliques du personnage de Jonas qui ne s’exprime que par citations – il faut donc trouver des citations sur Internet qui correspondent aux situations à laquelle le personnage réagit. Enfin, au moment de boucler… on se rend compte qu’on a oublié le principal, la ligne de dialogue imposée! Alors on y retourne, on re-triture un peu le texte pour l’insérer de manière logique!

Samedi, 4h30 / H-39h

Le travail s’est poursuivi tard dans la nuit jusqu’à écriture final du scénario sous le logiciel Celtx. Nous avons également effectué un déplacement sur le lieu choisi du tournage, pour des repérages. Par contre nous n’avons pas eu le temps d’écrire un découpage technique et dessiner un storyboard… Nous avons préféré nous reposer tout de même quelques heures (2 et demi, pour être exact :-)) pour être un minimum en forme le lendemain, jour chargé en perspective! Mais nous l’avons quand même regretté par la suite: il y aura là un enseignement à tirer pour la prochaine édition!

Samedi, 7h00 / H-36h30

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On sonne le réveil des troupes! Pas facile après à peine 2h30 de sommeil.. Le rendez-vous est à 8h mais le temps que tout le monde se lève, mange un morceau, boive un café, prenne une douche, on n’est pas prêt avant 8h30. Heureusement le lieu de tournage est tout proche, 5 minutes en voiture avec le matériel dans le coffre.

Samedi, 8h30 / H-35h

Là bas, les acteurs – qui étaient à l’heure, eux! – nous attendent déjà. On investi les lieux, une grande maison prêtée pour la journée par un couple d’artiste, avec une décoration très spéciale bien en phase avec notre scénario. On installe le ravitaillement (tournée générale de café!) et on se réuni autour des réalisateurs pour la lecture du scénario.

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Pendant qu’on installe le matériel, les acteurs essaient de s’imprégner rapidement de leur rôle! On installe également le décors du premier plateau – simplement en mettant le couvert pour 6 dans la cuisine et un peu de dessert dans les assiettes, la décoration des murs n’ayant besoin d’aucune retouche!

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Les réalisateurs donnent leurs instruction à l’équipe technique et aux acteurs.

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Enfin, on peut commencer!

Samedi 9h30 / H-34h

« Silence! » / « Moteur! » / « Ca tourne » / « Scène 1, plan 1, prise 1 » *clap!* / « Action! »

Ce n’est  pas la dernière fois qu’on entend crier ces mots 🙂 Le tournage commence!

Les premières prises sont un laborieuses… On n’est pas encore bien rodés, on n’a pas l’habitude de travailler ensemble… Les choses avancent lentement, il faut de longues minutes et de nombreuses répétitions pour obtenir la bonne prise. M. est inquiet: à ce rythme, on n’y arrivera jamais! Quand à moi je suis plus optimiste: ça se passe toujours comme ça sur un tournage, il faut un peu de temps pour démarrer la vapeur!

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Samedi 11h30 / H-32h

Le événements m’ont donné raison: le rythme a finalement été trouvé, les choses avancent vite et bien! Qui plus est dans une très bonne humeur: les réalisateurs tâchent de ne pas rendre leur stress communicatif et l’ambiance est détendue, bien que studieuse. On se paie même le luxe de quelques jolis fou-rires! M. a retrouvé du poil de la bête, il dirige d’une main de maître la succession des plans, aidé par toute l’équipe technique qui fait un travail formidable – mention toute spéciale à l’efficacité du script/assistant réalisateur!

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Du coup je m’occupe plutôt du making-of, n’intervenant que lorsqu’il y a un petit souci à régler d’un côté ou de l’autre, donnant de ma voix puissante pour imposer le silence, et remplaçant parfois M. aux commande lorsqu’il a besoin de souffler 2 minutes.

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Samedi 13h30 – H-30h

On a bouclé la première partie du tournage, tous les plans se déroulant dans la cuisine – pas loin de la moitié du film! On est content, on a bien avancé. Tout le monde a bien travaillé, l’humeur est restée au beau fixe: tout va pour le mieux! On est confiant et gonflés à bloc. Du coup on s’autorise une bonne pause déjeuner.

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Samedi 14h30 – H-29h

La mère de l’acteur jouant le jumeau Max nous a dégoté une très belle voiture, une « Olds mobile », pour nos plans extérieurs. Elle a été jusqu’à Vernon pour la chercher pendant le tournage du matin! Merci infiniment pour son implication 🙂 Nous partons donc en équipe réduite dans la campagne, tout prêt de là où nous sommes, pour tourner les plans de la panne de voiture (ouverture du film) et de Céline téléphonant au volant (conclusion du film). C’est un peu acrobatique – nous improvisons des solutions comme nous le pouvons pour avoir de bons plans. Nous avions prévu un système d’extincteur pour simuler de la fumée sortant du capot sans risquer d’approcher du feu de la voiture, mais ce point est un échec: nous ferons donc sans! Ce n’est pas comme si nous avions eu le temps de le tester auparavant 🙂

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Samedi 15h30 – H-28H

De retour sur le lieu principal du tournage, nous enchaînons sur les scènes du salon. Il faut faire vite car déjà la lumière décline et beaucoup de plans sont encore à tourner. Mais tout va bien: le rythme du matin est maintenu, les choses roulent! La prestation des acteurs nous épate – mention spéciale à la jeune actrice jouant la jumelle Louna, petite fille pas si sage que ça, mais pas si méchante que ça non plus, et qui par moment nous fait presque peur! 🙂 Mais tous les acteurs ainsi que les techniciens travaillent à merveille, rares sont les plans à refaire! Une course contre la montre commence avec la lumière déclinante du soleil – on se croirait dans le Dracula de Coppola 😉 Mais nous sommes confiants et sereins: c’est une course qu’on va gagner!

Samedi 17h30 – H-26H

La catastrophe !!! Tout roulait pourtant si bien… Une erreur de manipulation et d’un coup, toutes les images tournées depuis le matin sont supprimées! Carte mémoire formatée par inadvertance… Nous étions trop confiant, nous avions fait l’erreur de laisser toutes nos données sur le même support sans rien sauvegarder au fur et à mesure. Nous le payons le prix fort…

C’est la douche froide. Gros découragement, énorme déception. certains sont proches des larmes. Je sors immédiatement la carte mémoire de l’appareil et je la protège en écriture. Je téléphone d’abord à la hot line 48h films project, au cas où ils aient déjà été confronté à ce genre de problème, mais sans succès… Je téléphone alors à l’un des membres de l’équipe logistique, qui est informaticien de métier: il me dit qu’il va se renseigner et me rappeler au plus vite.

Quand je retourne voir l’équipe du film, on n’en mène pas large. Même M. est découragé, il n’y croit plus. L’actrice jouant Sandra essaie de lui redonner un peu d’espoir mais ce n’est pas facile.  J’enjoins – j’ordonne presque – à M. et à l’équipe de tourner les derniers plans malgré tout. L’heure avance, la nuit sera bientôt là: la pire des choses serait que nous récupérions les données mais que nous n’ayons pas tourné ces plans!! A force d’insistance M. fini par se laisser convaincre et, ensemble, nous relançons la machine.

Sur ce, l’informaticien me rappelle et me demande de lui ramener la carte: je saute aussitôt dans la voiture, laissant la direction des opérations à M. Dès que j’arrive chez lui, l’informaticien insère la carte dans son lecteur et lance un logiciel de récupération trouvé sur internet. Les choses se présentent bien: le logiciel détecte des fichiers sur la carte! Mais il annonce une bonne heure de traitement. Je retourne donc sur le lieu de tournage, demandant à l’informaticien de me tenir au courant.

Samedi 18h30 – H-25H

Arrivé à la maison d’artiste, les affaires ont repris. La catastrophe semble avoir plus que jamais soudé l’équipe et motivé les acteurs, qui sont particulièrement bons dans leurs prestations! Malgré le retard pris juste après la suppression des données, les plans restants achèvent d’être tournés. Je prend le relais de M., épuisé, sur la toute dernière séquence à tourner. Les nouvelles venant régulièrement de l’informaticien sont mitigées, très variables selon les outils qu’il trouve et test les uns après les autres, certains donnant de l’espoir ou des résultats encourageants, suivis de déceptions. L’ambiance devient un peu étrange sur le lieu de tournage entre émotion, attente, espoir et découragement.

Le bouclage du dernier plan génère les applaudissements d’usage, mais sans beaucoup de conviction. L’atmosphère est morose, tendue.

Comme si une seule ne suffisait pas, une deuxième petite catastrophe nous apparaît – mais semble de bien peu d’importance face à ce qui nous arrive par ailleurs: une partie du son des dernières scènes tournées n’a pas été enregistré, nous n’avons que le son de mauvaise qualité du micro intégré à la caméra. On fera avec… si on récupère le film entier!

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Samedi 19h30 – H-24H

Nous sommes à la moitié du parcours… et nous n’en menons pas larges! Nous sommes suspendus aux nouvelles de l’informatique. Nous discutons, échafaudons des plans de rattrapages. Certains acteurs sont prêt à passer la nuit entière à tourner un autre film, à l’arrache, s’il le faut, afin de présenter quelque chose! Le courage nous manque pour ranger le matériel et les victuailles, rendre la maison à ses propriétaires. Pourtant il le faut: on s’y met tous ensemble et à 20h nous débarrassons le plancher et remercions les acteurs qui retournent chez eux un par un, nous faisant promettre de les tenir au courant.

Samedi 21h30 – H-22H

L’espoir renaît!!! L’informaticien a trouvé un logiciel, payant mais pas très cher, dont la version d’évaluation donne de très bons résultats. Nous lui enjoignons de l’acheter, on se cotisera! Du coup, après un bon dîner chaud apporté par des amis, nous nous mettons au travail: dérushage et début de montage au moins pour les sons, presque tous disponibles, et les dernières séquences tournées.

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Dimanche 0h30 – H-19H

Nous avons fait tout ce que nous pouvions avec les images et sons dont nous disposons, nous sommes bloqués par manque de données. Les nouvelles sont bonnes: la récupération est en cours, elle fonctionne. Le film est sauvé! Mais c’est un long processus, il faut encore attendre… Nous prenons alors un peu de repos car dès que les données seront là, il faudra travailler vite et bien!

Dimanche 3h30 – H-16H

Il y a une demi-heure l’informaticien nous a tiré de notre (léger) sommeil en rapportant enfin les vidéos récupérées! Malheureusement dans un format que notre logiciel de montage ne parvient pas à lire… Il faut donc encore les convertir. Puis il faut dérusher (=les ordonner selon les numéros de séquence, de plan et de prise) et synchroniser les images avec le son. Encore un très long processus: je m’y colle, enjoignant aux autres de retourner dormir un peu plus, afin qu’ils soient en forme pour le processus de montage lui-même.

Dimanche 6h30 – H-13H

Travail terminé, ainsi qu’un début de montage que je n’ai pas pu m’empêcher de réaliser. Ouf! Je réveille l’équipe de montage pour qu’ils prennent le relais: je tombe de fatigue… Tout de suite ils se mettent à l’oeuvre sur la station principale, pendant que je prépare la station secondaire. On s’organise au plus efficace: deux personnes par station, un monteur et un assistant. Moi je prend un peu de repos sur un matelas à même la salle de montage, afin de rester disponible en cas de problème. Les notes prises par le script pendant le tournage sont d’un secours précieux! Le café coule à flot. Il faut avancer!

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Dimanche 11h30 – H-8H

La tension monte, l’échéance approche. Mais on travaille vite et bien! Les premières versions du film nous font beaucoup rire – bon, la fatigue y est peut-être pour quelque chose 🙂

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Le musicien est passé voir les premières images à 10h pour prendre l’atmosphère du film. Ils est reparti travailler dans son studio (juste à côté de chez moi, heureusement!) et nous appelle: il a déjà terminé! On part avec un enregistreur et on passe une demi-heure avec lui à discuter de la musique et l’enregistrer. Elle est simple mais très bonne et colle parfaitement au film, on est content!

Dimanche 14h30 – H-5H

14h30, c’est l’heure que nous visions pour la fin du film, avec une bonne marge de sécurité. Avec tout ce qui nous est arrivé, nous n’avons pas fini: nous entamons donc cette marge… Mais on y est presque, ça devrait le faire!! Heureusement des amis sont venus nous préparer un déjeuner, même si le stress et les surdose de café ne nous donnent pas très faim.

Dimanche 15h30 – H-4H

Il faut vraiment songer à mettre un point final au film… Nous le visionnons une dernière fois tous ensemble…

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Mais non, il y a encore des défauts inacceptables! On ne part pas encore… on se remet à la tâche… Ca devient chaud 🙂

Dimanche 16h30 – H-3H

Cette fois, on boucle, coûte que coûte! Paris est loin et la circulation incertaine, il ne faut pas arriver en retard. Nous sommes un peu frustré car il reste des problèmes, certains très visibles, que nous aurions pu régler simplement avec juste un peu plus de temps…. Mais il faut vraiment y aller cette fois! Nous copions le film sur deux clés USB… Nous vérifiions une dernière fois les papiers administratifs à remplir (déclaration, autorisations, etc…). Et c’est le départ!

Un ami, l’acteur ayant joué Yvon Percier dans le film, nous sert de chauffeur: lui il a dormi, il ne sera pas un danger public sur la route! M. et moi l’accompagnons.

Dimanche 17h30 – H-2H

La circulation est très correcte, pas de souci majeur: on se prend à regretter de ne pas être resté quelques minutes de plus devant la station de montage pour peaufiner la post-prod… Mais ce qui est fait est fait! M. et moi ne sommes pas de bons compagnons de route: nous somnolons, voir dormons profondément!

Dimanche 18h30 – H-1H

C’est fait!!! Un tampon, une signature… et voilà, c’est fait!

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Bravo à M., bravo à toute l’équipe technique, bravo à tous les acteurs, bravo à notre sauveur informaticien, bravo à tous ceux qui ont assuré la logistique, bravo à tous ceux qui nous ont aidé de prêt ou de loin!

On a fait un film en 47h! 🙂

On est épuisé mais soulagés (c’est dingue ce que ça peut peser lourd, une clé USB: on se sent tout léger maintenant!) et heureux d’avoir vécu cette aventure 🙂

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Dimanche 19h30 – H !!

Pour nous c’est fait… pour d’autres ce sera à la dernière minutes… et pour d’autre encore, ça ne le fera pas. Sur 173 équipes concurrents au départ, 135 ont rendu leur copie à temps – dont la notre 🙂

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Encore bravo et MERCI à tous!

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