Aujourd’hui en séance nous nous sommes entraîné aux interviews d’artistes que nous allons avoir à effectuer le prochain week-end aux jARTdins de Montagny. Nous avons fait ça sous la forme d’un jeu de rôle grandeur nature: j’ai sorti quelques vielles toiles de l’époque où je faisais de la peinture que j’ai affiché dans mon jardins, et l’atelier est venu m’interviewer avec une caméra. Ça nous a permis de tester différentes configurations, et différents réglages.

Voici en résumé les enseignements de l’expérience. La plupart de ces conseils s’appliquent d’une manière générale à tout reportage avec interviews en extérieur!

– Caméra:
Tout doit être réglé en mode manuel, rien d’automatique.

On utilisera les objectifs 18-55mm, car l’expérience de l’an passé montre qu’avec le 50mm on est trop proche de l’interviewé… et si on s’éloigne, lui à tendance naturellement à se rapprocher ne nous 🙂

Vitesse d’obturation : 50 (ne jamais changer ce paramètre)
ISO: 100 ou 200 en extérieur, 400 en intérieur. Ne jamais dépasser 800 (à cause du grain).
Diaphragme: entre 11 et 16 en extérieur en journée, 22 si le sujet est inondé de soleil.

De toute façon il faut faire les réglages à l’œil sur l’écran de la caméra! Quand c’est possible, il faut privilégier les petites ouvertures (ou grandes fermetures :-)) du diaphragme, afin de faciliter la mise au point (grande profondeur de champs).

– Support caméra:
On peut filmer les œuvres d’artistes à la main ou sur trépied.
Par contre on film les interviews sur trépied exclusivement.
A la main: la caméra se pose sur le plat de la main gauche, et la main droite la tient sur le côté – c’est plus stable de cette façon.
Sur trépied: une fois le cadre fixé, on ne touche pas le trépied afin d’éviter de transmettre des tremblements – on ne le touche que pour changer de cadre.

– Cadrage:
Œuvres: on peut filmer 3 plans: plan d’ensemble du jardin, plan de l’oeuvre en entier, gros plans sur des détails de l’œuvre (par exemple celles dont on aura parlé en interview).
Si on fait des travelling ou des panoramiques sur plusieurs œuvres, ne pas être trop rapide!
Interviews: cadrer en respectant la règle des tiers (ne jamais cadrer le visage au milieu, ni en hauteur ni en largeur)

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Quand l’artiste parle, c’est lui qu’on film. S’il parle d’une œuvre, on la filmera après et on intercalera les images au montage.
Quand l’artiste parle d’une œuvre, il a tendance à ne plus regarder la caméra mais seulement l’œuvre et l’intervieweur => le cameraman doit alors changer d’angle pour se placer en face de l’artiste, quitte à ne plus voir qu’une amorce de l’intervieweur.

– Micro:
On les réglera en automatique, pour éviter les risques de saturation => pas de réglages sonore à faire.
Ne pas oublier d’allumer le micro sur la caméra! 🙂 Si possible, l’éteindre quand on ne film pas, pour économiser la pile. Ne pas oublier de la rallumer après!!! Mettre l’interrupteur en deuxième position en extérieur (filtre passe-haut pour atténuer le son grave du vent dans le deadcat), première position (au milieu) en intérieur.

L’intervieweur utilisera l’enregistreur avec la poignée pour les interviews. Ne pas l’approcher trop de l’interviewé pour ne pas le gêner, ni de sa propre bouche lors des questions, afin de conserver le même volume.

– Organisation:
Quand la pile de la caméra est morte: la remplacer et ranger l’ancienne dans le sac sans cache (pour la reconnaître).
Quand une carte mémoire est remplie: la changer, verrouiller l’ancienne à l’aide du mini-curseur blanc et la ranger dans le sac.
Ensuite, dès que possible revenir à l’ordinateur (chez moi!) remettre la carte ou la batterie à la personne en charge de les vider ou recharger, et en prendre une nouvelle en échange.

– Interviews:
D’abord se présenter à l’artiste, lui demander s’il veut bien qu’on film ses œuvres et qu’on l’interview.
Ne pas oublier de préciser que notre atelier appartient à l’ACAM!
Filmer d’abord les œuvres, en les regardant – ça doit susciter des questions à poser ensuite à l’artiste.
Puis faire l’interview.

Eviter les questions fermées (pour lesquelles les réponses sont « oui » ou « non » ou juste un mot), favoriser les questions ouvertes.

Quelques sujets à aborder si l’artiste ne démarre pas de lui même:
* La technique (« Quelles techniques utilisez-vous?« )
* Le parcours (« Depuis combien de temps faites vous ce travail?« )
* Le fait d’exposer dans un jardin (« Quelles différences ça fait d’exposer à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur?« )
* L’inspiration (« Quelle est votre inspiration?« )
* Le sens (« Quel message faites vous passer à travers vos œuvres?« )

Ne pas hésiter à poser des questions sur des œuvres en particulier (« Par exemple ce tableau, quel est son sens? Pourquoi avoir choisi ce sujet?« )

Laisser parler l’artiste tranquillement, on n’est pas pressé! S’il commence à papoter avec vous très bien, continuez à filmer: il y aura peut-être de bonnes choses exploitables.

Après l’interview filmer encore quelques œuvres, surtout celles dont l’artiste aura parlé en particulier.

 

Par ailleurs, nous avons accueilli aujourd’hui un probable nouveau membre de l’atelier, qui est venu voir comment on fonctionnait!

Enfin, j’avais commandé par internet un filtre neutre ND variable et pas cher… Et quand je dis pas cher, c’est vraiment pas cher: 8 euros, alors qu’un filtre de qualité vaut plusieurs centaines d’euros!! Je m’attendais donc à quelque chose de quasi inutilisable, je n’en n’avais fait l’acquisition que « pour voir »… Et bien nous avons été très agréablement surpris!!

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En effet, le célèbre artefact (enfin, célèbre dans le milieu de la photo ;-)) dû à la mauvaise qualité du filtre, une croix sombre qui apparaît à l’écran, n’est visible que dans des conditions extrêmes, avec un réglage du filtre maximum (ND400 ou proche).

Un exemple (un peu extrême!!) d’artefact dû à une mauvaise qualité de filtre:

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Or nous n’avons pas besoin de le pousser aussi loin: pour la vidéo à vitesse d’obturation 1/50 un réglage bien moindre du filtre permet d’ouvrir le diaphragme au maximum, même en plein soleil. On évite donc l’artefact et on peut obtenir un profondeur de champs minimale. Voici un petit exemple:

On pourra l’utiliser pour notre clip vidéo! Enfin, quand on arrivera à trouver un week-end pour le tournage…

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