Cet après-midi, la séance Cinémacam fut consacré à une deuxième répétition pour le clip, avec les acteurs.

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Préalablement, j’avais effectuer un petit montage express avec les images tournées mercredi lors de la première répétition et un extrait de la musique du clip, qu’on peut voir ici:

Ne cherchez pas de scénario: nous n’avons tourné que les plans les plus difficiles, il en manque plein d’intermédiaires!

Aujourd’hui, vu la température (malgré le soleil), et le peu de temps dont nous disposions, nous n’avons pas costumé les acteurs. Il s’agissait surtout de répéter à nouveau quelques plans difficiles, en s’assurant que les acteurs soient plus concentré sur leur personnage, et qu’ils évitent de regarder la caméra!

Concernant la caméra, je leur ai dit de s’imaginer qu’elle est en fait quelque chose qu’ils ne voudraient vraiment pas voir un seul instant: un monstre répugnant, leur grand mère toute nue, un soldat du futur qui vous tire avec un rayon laser chaque fois que vous le regardez… n’importe quoi du moment qu’ils n’aient surtout pas envie de la regarder! 🙂

Concernant la concentration, il faut trouver un équilibre délicat avec l’acteur jouant le génie de la forêt. En effet, cet acteur a été choisi car il a un naturel très espiègle, rigolant souvent, faisant des blagues, etc… Ce qui correspond exactement au personnage du génie de la foret aimant jouer des tours aux promeneurs égarés. En contrepartie, c’est un garçon qui a du mal à se concentrer, quelque peu hyperactif et turbulent. Il faut donc trouver un point intermédiaire: ne pas trop le brimer car on a besoin qu’il reste naturel – il ne faudrait pas qu’il devienne trop sérieux! – mais l’inciter à se concentrer tout juste ce qu’il faut pour qu’il ne se dissipe pas complètement. Pas évident, mais à force de répétition on commence peu à peu à se diriger vers le bon équilibre!

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Petite Ourse, notre dolly, a de nouveau bien servie. Le montage de la tête fluide par dessus la tête classique donne de meilleurs résultats lors des mouvements alliant travelling et panoramique, mais sa manipulation reste très délicate et nécessite de beaucoup s’exercer: tout un art!

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Sur pas mal de plans du clip est prévu une faible profondeur de champs afin de jouer sur les flous. Chose qui se révèle impossible en plein soleil avec les réglages classiques: même avec un ISO minimum (100) on est obligé de beaucoup fermer le diaphragme pour ne pas surexposer… Et qui dit petite ouverture dit grande profondeur de champs!

Il y a deux solutions à cela: soit monter un filtre gris-neutre sur la caméra, c’est à dire un filtre qui atténue la lumière sans modifier les couleurs, soit augmenter la vitesse d’obturation.

Petite explication technique:

La vitesse d’obturation est le temps pendant lequel une photo est prise – c’est à dire le temps pendant lequel la surface photosensible, ou la pellicule dans le cas de l’argentique, est exposée à la lumière. Le plus souvent, on prend des photos à 1/250 de secondes, ou 1/125 de secondes, surtout en pleine lumière du soleil – c’est donc très court, car si on expose plus longtemps, la photo est surexposée. Quand il fait sombre, on peut prendre à 1/60 ou 1/30. Un temps plus court permet de capturer un mouvement rapide sans qu’il y ai de bougé: à 1/60 ou 1/30, si le sujet bouge, il devient flou avec des sortes de traînées – c’est ce qu’on nomme un « bougé ».

La vidéo, c’est 24 photos par seconde. L’appareil photo a donc un délai de 1/24 ème de seconde grand maximum pour prendre chaque photo: il peut prendre moins de temps, mais ne peut pas en prendre plus. Dans le cinéma habituel, avec pellicule, depuis des décennies la norme est de prendre les photos à 1/48 ème de secondes, c’est à dire la moitié du temps maximum. C’est dû à des contrainte techniques: l’autre moitié du temps sert à faire avancer la pellicule d’un cran pour que la photo suivante ne soit pas prise au même endroit de la pellicule – sinon on mélangerait les deux photos!

Notre oeil a été éduqué à ce réglage de 1/48 ième de secondes, qui produit des flous dans les mouvements sur chaque photos, mais que le cerveau sait reconstituer pour avoir l’illusion d’un mouvement normal. En vidéo numérique, les appareils permettent une vitesse d’obturation bien plus grande – jusqu’à 1/4000 ième de seconde pour ceux qu’on utilise à Cinémacam. L’ennui c’est qu’on n’a pas l’habitude de tels réglages en vidéos: les photos des objets en mouvement sont trop nets, et la vidéo donne le sentiment d’être curieusement « piquée ». C’est un effet qui peut être voulu (un exemple célèbre: les scènes de combat dans le film « Gladiator » de Ridley Scott) mais la plupart du temps on n’en veut pas, on préfère donner un « style cinéma ».

Du coup, on a l’habitude de régler la vitesse d’obturation au plus proche possible de cette norme, c’est à dire à 1/50 eme de secondes, et ne jamais en bouger. Toutefois, augmenter la vitesse d’obturation est aussi une méthode pour exposer la photo moins longtemps à la lumière, et donc pouvoir régler une plus grande ouverture de diaphragme lorsqu’on en a besoin. 

Comme nous n’avons pas de filtre (ce sera peut-être un futur achat de l’atelier!), nous n’avons pas le choix: nous sommes obligés de prendre une vitesse beaucoup plus grande pour obtenir une petite profondeur de champs.

Les tests ont été très satisfaisant, notamment ce gros plan réalisé avec quelques acrobaties et dont nous sommes particulièrement contents :

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En vidéo:

Les commentaires (désolé pour le langage! :-)) montrent que nous avons des difficultés avec la mise au point sous le soleil. En effet, le petit écran de nos caméras (Canon 650D, ici) est déjà très petit, ce qui d’une manière générale ne facilite pas la chose, mais en plein jour sous le soleil l’image est quasiment invisible. Si on trouve un peu d’argent un jour, il sera utile de nous équiper d’un petite écran de visée HDMI, beaucoup plus confortable dans ces conditions.

Autre problème avec le soleil, visible dan sla vidéo: les reflets parasites dans les lentilles. Ce sera facile à résoudre avec un simple pare-soleil dont nous allons faire l’acquisition – ça c’est très bon marché, ce n’est jamais qu’un bout de plastique!

La date de tournage n’a pas encore été fixée. Il faut jongler entre la météo et les disponibilités des uns et des autres… De toute façon, rien ne presse et il ne sera pas inutile d’organiser d’autres répétitions si le tournage ne peut avoir lieu avant la prochaine séance Cinémacam!

 

 

 

 

 

 

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