Difficile de reprendre des activités normales après une belle aventure comme celle de notre dernière réalisation 🙂

De bonne nouvelles pour le film « Moi, handicapé »: dans sa catégorie, qui  contenait une trentaine de vidéos concourantes, il est arrivé cinquième des votes du public et il fait partie des sept sélectionnés pour les prix du jury!

La cinquième position sur les votes ne lui a pas permis de remporter le prix du public, décerné uniquement au premier, mais c’est un excellent résultat étant donné que nous l’avons mis en ligne très tard, à peine une semaine avant la fin des votes. Les quatre premiers étaient en ligne bien avant « Moi, handicapé ».

On devrait connaitre les lauréats du jury dans la semaine. On croise le doigts 🙂

La séance d’il y a deux semaines fut consacrée essentiellement au debriefing du film et de sa réalisation. Nous nous sommes remémoré l’aventure et nous avons tiré les enseignements de nos erreurs et des difficultés rencontrées. D’ici quelques semaines, nous proposerons un petit making-off du tournage et du montage. Il y a deux semaines nous avons également testé un drône prêté par l’un des membres de l’atelier, et muni d’une caméra HD. Il s’est révélé difficile à manipuler, voire impossible en cas de temps venteux. Par ailleurs des problèmes de batterie rendent son utilisation très fastidieuse. Pas sûr que nous pourrons l’utiliser dans nos réalisations: à voir.

La semaine dernière, nous avons effectué quelques exercices de cinéma afin de bien comprendre certaines règles:

La règle des 180°

Elle définie une ligne d’action qu’une caméra ne doit pas traverser entre deux plans successif d’une même scène. Deux exemples typiques:

  • Un dialogue entre deux acteurs se faisant face, filmé en champs contre-champs, où la ligne d’action est celle qui passe par les deux acteurs. La caméra ne doit pas traverser cette ligne, sous peine de donner au spectateur l’impression que les personnages ne se regardent pas. A noter que cette impression est amoindrie si, lorsqu’on film un des acteurs, un petit bout de la tête ou du bras de l’autre est visible sur le bord du cadre (une « amorçe »). Toutefois, à moins de le faire volontairement pour donner un style particulier, il est mieux de respecter la règle! Les vidéos qui suivent montrent un champs/contre champs qui ne respecte pas la règle, puis le même mais qui la respecte.

  • Le déplacement d’un acteur, dont la direction définie la ligne d’action. Si la caméra traverse cette ligne, l’acteur change de direction (s’il allait de droite à gauche, il ira de gauche à droite sur le plan suivant), ce qui constitue une erreur de raccord.

La règle des 30°

Cette règle stipule que deux plans successifs d’un même sujet ou acteur avec une même valeur de plan (gros plan, plan américain, etc…) doivent être filmé avec un écart d’angle d’au moins 30°, faute de quoi le spectateur aura l’impression d’un saut désagréable de l’image, et non d’un changement de plan.

La règle des deux valeurs de plan

Elle stipule que deux plans successifs d’un même sujet ou acteur tourné sous le même angle doivent être séparés d’au moins deux valeurs de plans. Si on ne change pas l’angle de la caméra entre les deux plan, on ne peut pas passer d’un plan américain à un plan taille par exemple: il faut au minimum passer à un plan poitrine, voir à un gros plan (les valeurs successives étant: plan américain, plan taille, plan poitrine, gros plan)

Une tricherie: le raccord inversé

Voyez la vidéo suivante:

Avez-vous constaté un problème? Maintenant, regardez celle-ci:

Bien qu’étant un faux raccord, la première vidéo paraît plus naturelle que la seconde, qui elle est pourtant plus juste. Comme les personnages ne changent pas de place à l’écran (celui qui est à droite reste à droite), le cerveau n’a pas à faire d’effort pour reprendre ses repères. Pour peu qu’il soit occupé par un une musique de fond, il n’y voit que du feu et la transition n’en n’est que beaucoup moins brutale. C’est là une petite tricherie qu’on trouve parfois dans les films, une erreur volontaire!

Le raccord de mouvement

Lorsqu’on effectue un raccord de mouvement entre deux plans (sur le mouvement d’un objet ou d’un personnage) il faut sauter quelques images au montage. Le résultat paraît plus naturel. En effet, le changement de plan suppose un changement de place de la caméra – du moins si on respecte la règle des 30° ou la règle des deux valeurs de plan d’écart. Or le cerveau humain ne connait pas de mouvement instantané: pour lui, le changement de plan est donc une sorte de jump-cut: il imagine un mouvement de caméra entre deux qui a été supprimé au montage. Il est donc naturel pour lui que le deuxième plan reprenne l’action un peu plus tard, ne serait-ce qu’une fraction de seconde!

Le raccord de composition

Au cinéma, dans la mesure du possible (modulo les mouvements des personnages) on essaie de composer son image en divisant l’écran en tiers, horizontalement comme verticalement.  On placera le visage d’un acteur à l’intersection des lignes de tiers en haut à droite ou à gauche de l’écran. composition1 composition2 composition3   Il est bon, ensuite que la composition de deux plans successifs soient raccords selon les mouvements ou les regards des personnages. Par exemple, regardez cette vidéo:  

  Quelle position du bidon une fois tombée au sol vous parait la plus naturelle?

 

Vous trouverez les mêmes exercices ainsi que d’autres du même genre sur ce site interactif très intéressant: http://30enscene.free.fr/cinema/index.php

Multi-caméra

Enfin, nous avons testé le mode « multicam » sur le logiciel de montage Première Pro, qui permet d’effectuer un montage dynamique lorsque le tournage a été fait avec plusieurs caméras filmant la même action sous des angles différents. C’est comme du direct à la télévision: toutes les vidéos sont affichées sur une grille en synchronisation, et le monteur sélectionne en temps réel celle qui doit être montrée. Cet outil facilitera grandement les montages de spectacles ou concerts que nous tournerons à l’avenir avec plusieurs caméra. camera multiple

Publicités