Dure période pour l’atelier! Entre absences pour cause de déplacement professionnel, maladies et maintenant vacances, nous en sommes à trois séances consécutives annulées, et samedi prochain sera la quatrième! Les activités reprendront donc le samedi 4 janvier prochain.

Toutefois, les choses ne restent pas immobiles! Suite à nos deux séances de tournage pour notre vidéo de style « film noir », j’ai bien travaillé à la post-production!

Comme on l’a vu, le dérushage a révélé une mauvais surprise: une grande partie des sons enregistrés lors du tournage sont inutilisables… Conséquence à la fois d’un matériel pas très bon et d’une inexpérience de notre part. On apprend toujours de ses erreurs 🙂

Il est donc apparu que la bande son de notre petit film devra être entièrement refaite, artificiellement, de A à Z. D’autant que pour un film « à suspens », le son est extrêmement important: c’est lui qui suscite le plus les sentiments de tension ou d’inquiétude, plus encore que les images.

Quelques précisions techniques:

Le son au cinéma est divisé en quatre grandes familles:

  1. Les dialogues: voix des personnages, voix off…
  2. Les bruitages: bruits de pas, bruits émis par les objets manipulés par les acteurs, frottements des vêtements, etc… Ils confèrent un certain réalisme à la bande son.
  3. Les ambiances: ils permettent de situer l’action – par exemple le bruit d’ambiance dans une ville n’est pas le même que celui d’une forêt – et donnent une consistance à la bande son.
  4. La musique.

A noter que le silence, au cinéma, n’existe pas. Il y a toujours au moins un bruit de fond, le bruit d’ambiance, qui peut parfois être un simple souffle. Faites l’expérience: dans un moment d’un film, ou d’une série, où il y a du « silence » coupez le son d’un coup: vous constaterez que le « silence » n’en n’était pas vraiment un! C’est la le rôle joué par l’enregistrement d’un « silence plateau » à chaque lieu d’un tournage, afin de pouvoir insérer ce fond sonore à n’importe quel moment si besoin.

La construction d’une bande sonore se fait après le montage des images. Celui-ci est fait avec une première bande sonore constituée des sons enregistrés directement en plateau, avec leur qualité tel qu’elle vient et sans traitements ni ajouts.

Le monteur son récupère le travail du monteur image afin de travailler sur la bande sonore uniquement. Il choisit les meilleurs prises sonores du tournage et ajoute de nouveaux sons:  bruitages, ambiances, et même dialogues ré-enregistrés en studio lorsque c’est nécessaire (et que les acteurs sont disponibles pour ces nouveaux enregistrements…). Il ajoute également les musiques originales (produites par des musiciens pour le film) et les musiques additionnelles (morceaux musicaux achetés aux ayant-droits).

Enfin la dernière étape est le mixage, généralement effectué par un spécialiste (je vous le donne dans le mille: le mixeur! :-)). Il s’agit du traitement des différents sons de la bande sonore: les volumes, les textures sonores (réverbération, égalisation, timbre, filtres…) et la spacialisation stéréo (impression de mouvement du son synchronisé avec l’image). Il termine son travail en produisant plusieurs versions de la bande sonore, adaptées aux différents supports et différents formats audio: versions pour le cinéma, versions pour DVD, versions pour la télévision, versions intenationales (sans les dialogues, pour que chaque pays produise une version dans la langue locale), etc…

Pour préparer la construction de la bande sonore de notre vidéo, j’ai donc commencé par créer plusieurs pistes sonores sur Première: deux pistes d’ambiance, deux pistes de bruitages, une piste de dialogue. J’ai fais le choix à priori de ne pas ajouter de musique, sauf à la toute fin pour le générique – mais ce choix sera discuté en commun à la prochaine séances!

Sans titre

J’ai monté quelques dialogues mais certains manquent, et ceux qui sont bien là sont de très mauvaise qualité. Nous les ré-enregistrerons tous en studio à la prochaine séance.

Pour les ambiances et les bruitages, j’ai récupéré un certain nombre de sons sur le site http://www.freesound.org, qui fournit une immense bibliothèques de sons de tous genres et de toutes qualités, postés par des utilisateurs du monde entier, et libres de droits.

Pour les ambiances, j’ai d’abord enregistré un « silence » dans mon jardin la nuit que j’ai posé en fond sonore tout le long du film, après lui avoir donné une texture grave (en augmentant les fréquences basses) et un volume un peu exagéré, afin de conférer au film une consistance lourde et inquiétante. J’ai ensuite récupéré des bruits d’aboiements de chiens au lointain: une partie que nous avions enregistré au tournage, une autre partie trouvée sur freesound.org. Enfin j’ai récupéré sur ce site des bruits de battements de cœur et divers sons pour les moments les plus tendus du film (un bruit de gong, une sorte de bourdonnement sonore aigu, et un son crescendo terminant par une sorte d’explosion).

Pour les bruitages, j’ai utilisé les bruits de respirations et les bruits de pas que nous avions enregistré lors du tournage. J’ai par contré récupéré sur le site des bruits de papier froissé (pour l’affiche) et un bruit de caillou roulant (pour le moment où un acteur shoot dans un caillou).

Enfin j’ai récupéré toujours sur le même site une petite musique libre de droits pour le générique de fin, un air « au clair de la lune » jouée par une boite à musique, à fois douce et inquiétante à cause d’une texture métallique.

Voici le résultat, qui nous servira de base de travail à terminer en commun lors de la prochaine séance:

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