La séance de ce samedi fut consacrée à la première partie du tournage de notre mini-film noir, objet de l’exercice de style décrit dans le billet précédent.

Histoire de nous mettre un peu dans l’ambiance, nous avons d’abord regardé ensemble une scène teaser du prochain film du réalisateur argentin Ivan Noël (choix pas tout à fait aléatoire de ma part vu que j’ai un peu participé à sa production!), « Limbo », film de vampires. Dans cet extrait sont mis en oeuvre plusieurs des techniques que nous avons évoqué à la dernière séance, dans le but de susciter une tension progressive. Nous avons notamment remarqué le travail très important du son pour porter cette ambiance: musiques, bruits inquiétants ou pesants, bruitages ajoutés en post-production, respiration des personnages, silences, etc…

Nous avons ensuite préparé le tournage. Comme nous voulions tourner à la nuit tombante, nous devions faire vite afin de mettre un maximum de plans dans la boite avant que l’obscurité ne soit trop importante. Nous avons dès lors divisé le travail: un réalisateur (moi-même, puisque j’avais produit le découpage technique dans la semaine), un assistant-réalisateur, un directeur de la photographie / cadreur, un ingénieur son / perchman et deux acteurs. Le père d’un membre de l’atelier est gentiment venu prêter main forte car nous avions besoin d’un acteur supplémentaire.

Le cadreur, l'assistant-réalisateur et deux acteurs.
Le cadreur, l’assistant-réalisateur et deux acteurs.

Quelques précisions plus techniques:

Afin de pouvoir réaliser des prises de son correctes, du matériel audio nous a été gracieusement prêté par un musicien-compositeur de l’ACAM: un micro-cravate, un micro avec bonnette (coupe-vent pour prise de son à l’extérieur), ainsi qu’une perche (en réalité, un pied de micro) sur laquelle j’ai fixé tant bien que mal mon shockmount (système amortisseur à élastiques empêchant de répercuter au micro les vibrations dues aux mouvements du perchman sur la perche). Nous avons branché ce matériel sur mon petit enregistreur Zoom H1.

Pour les prises de vue, nous avons utilise mon Canon 650D. Les travellings ont été réalisées à la main, en utilisant un trépied disposant d’une poignée sur le côté et permettant ainsi de stabiliser un minimum la caméra en faisant contre-poids. Ca ne vaut pas un steady-cam (appareil stabilisateur de caméra) mais c’est déjà pas mal!

Travelling à la main.
Travelling à la main.

Lors de cette séances nous avons essentiellement tourné les scènes où apparaissent les garçons, pour lesquels le choix était fait de tourner en courte focale, afin d’isoler les personnages dans un décor plus saisissant. Nous avons donc utilisé l’objectif 18-55 mm, réglé en focale 18 mm. Malheureusement cet objectif n’est pas de très bonne qualité, il ne permet qu’une ouverture de 3.5. De ce fait les dernières scènes tournées sont trop sombres, le soir étant bien avancé: il faudra les retourner un peu plus tôt!

Plan à courte focale
Gros plan, courte focale (18mm).

Pour les plans de l’homme que nous tournerons à la prochaine séance, nous allons privilégier les longues focales, afin de rendre le personnage plus imposant à contrario. Nous utiliserons dès lors l’objectif 50 mm à ouverture 1.8, bien plus lumineux, qui nous permettra de travailler avec plus de confort dans la pénombre du soir.

Le tournage s’est bien déroulé malgré le froid glacial! Tout le monde a donné du sien avec entrain et motivation, et le travail fournit par tous a été de grande qualité. Je félicite tout le monde pour cela! 🙂

Il a parfois fallu faire preuve d’imagination et de débrouillardise, voire d’acrobatie: le cadreur est même monté sur le toit d’une voiture pour l’un des plans prévu en hauteur! La route étant plus passante que ce que nous pensions, il y eu beaucoup d’attente ou de recommencement de plan suite à des passages de voiture. Il a également fallu gentiment demander à un couple, venu se garer dans le champs pendant le tournage, de déplacer leur voiture de quelques mètres. 

Toute l'équipe attend qu'une voiture passe...
Toute l’équipe attend qu’une voiture passe…

Le tournage a montré l’importance du découpage des tâches en fonction des métiers, chaque rôle (cadreur, preneur de son, assistant réalisateur, acteur, réalisateur…) ayant ses contraintes propres et pas toujours faciles à réaliser. Entre autres, lorsque mon assistant s’est absenté quelques minutes pour aller chercher un accessoire que j’avais oublié chez moi (c’est normalement le rôle du régisseur, mais nous n’étions pas assez nombreux pour occuper ce métier là!) je me suis soudain senti perdu à la réalisation, ne sachant plus retrouver le fil des plans déjà tournés, ou encore à tourner 🙂

Le cadreur et le réalisateur discutent avec l'assistant-réalisateur du prochain plan.
Le directeur de la photo / cadreur et le réalisateur discutent avec l’assistant-réalisateur du prochain plan à tourner.

Afin de voir un peu à quoi ça va ressembler, j’ai monté vite-fait les images tournées – sans les sons pour le moment:

Les séquences noires correspondent à des plans pas encore tournés, notamment ceux de l’homme. Il y aura également quelques plans du village sans acteurs au tout début, avant la première image. Et bien sûr toute la deuxième partie qui suit ce début.

On peut constater que les  tous derniers plans sont trop sombres et je n’ai pas pu les éclairer plus en postproduction (cf les explications techniques ci-dessus). Nous les tournerons donc à nouveau la prochaine fois, en tout premier afin de bénéficier de plus de lumière.

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