Il n’y avait pas de séance cette semaine, mais ça ne m’a pas empêché de terminer le montage et la postproduction que nous avions collectivement commencé lors de la dernière séance (voir dernier billet). Je suis bien sûr reparti de l’Ours que nous avions réalisé avec des choix collectifs quand aux plans, aux sons et aux musiques. J’ai apporté des améliorations sur l’image (contrastes, couleurs…), paramètres que nous n’avions pas eu le temps de régler.

Mais surtout, j’ai posé sur le dernier plan les voix que nous avions enregistré ensemble afin d’améliorer le rendu sonore de cette scène. Les paroles de l’employé d’hôtel ont été enregistrées par un autre participant, celui ayant joué lors du montage n’étant pas présent à la dernière séance. Or à l’enregistrement, le participant s’est avéré avoir parlé un peu trop vite par rapport aux paroles originelles: j’ai donc dû légèrement ralentir le débit sonore pour pouvoir mieux coller aux mouvement des lèvres. Ce n’est pas parfait, mais ça passe! 

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J’ai effectué ce ralentissement simplement par l’outils « vitesse/durée » de Adobe Première, qui ne fait rien d’autre que ralentir (pas de ré-échantillonnage) ce qui a pour conséquence d’allonger la fréquence sonore – et donc de rendre la voix plus grave. Ce qui tombait bien, au fond, sur cet enregistrement car le participant ayant enregistré est beaucoup plus jeune que l’acteur originel, et ça s’entend quelque peu dans sa voix. La rendre légèrement plus grave (sans excès, sinon ça devient inhumain) lui a donc donné un peu d’âge!

A noter que l’inverse est aussi possible. Un de mes amis réalisateur m’a un jour montré un petit truc qu’il a utilisé pour son dernier film: sur un plan, un enfant vampire (oui, c’est un film de vampires ;-)) caché derrière un arbre attend de pouvoir attaquer des humains, mais il lui faut l’autorisation de son chef. Il trépigne et le fait savoir en désignant sa bouche ouverte avec des halètements d’impatience. Pour je ne sais quel raison, le son de la prise lors du tournage n’a pas convenu: le réalisateur s’est alors enregistré lui même, puis il a accéléré le son en postproduction. C’est donc l’effet inverse qui s’est produit: l’accélération a rajeunit sa voix.

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Sur la capture d’écran ci-dessus, vous pouvez voir que j’ai ajouté une piste sonore « Silence plateau ». Lors d’un tournage, un silence plateau doit être enregistré théoriquement pour chaque scène. Il consiste à enregistrer quelques secondes, voire quelques minutes, de l’ambiance sonore du lieu de la scène avec aucune parole ni aucune mouvement de la part des acteurs. Et c’est justement lorsqu’on a besoin de ré-enregistrer les acteurs en studio après coup que ça sert, afin de remettre ces paroles dans l’ambiance sonore de la scène, qui évidemment n’existe plus en studio. Le « silence » n’est jamais aussi silencieux que ça, surtout en extérieur!

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